Télévision 45 ans après leur dernier sacre, les Pays-Bas ont remporté le concours Eurovision grâce à Duncan Lawrence. Devant l’Italie et la Russie.

Ainsi donc, les bookmakers avaient raison. Ils avaient fait des Pays-Bas leur favori pour la finale de la 64e édition du concours Eurovision et au terme des 4 heures de direct, ils ont eu gain de cause. Lawrence Duncan et sa chanson "Arcade" s’est imposé avec 492 points, au nez et à la barbe de l’Italie et de la Russie qui avaient aussi les faveurs des pronostics. Le grand battu de la soirée est la Suède qui y a cru jusqu’au dernier vote tandis que la Macédoine du Nord a créé la surprise en squattant la tête du classement pendant le vote professionnel avant d’être sanctionnée par le public qui n’a pas été aussi touché par la prestation de la candidate macédonienne.

Autre prétendant à la victoire à avoir été, rapidement dans son cas, écarté : la France. Bilal Hassani n’a pas déchaîné les foules et surtout les votes, que ce soient ceux du jury professionnel ou ceux du public. Il termine 14e malgré une performance qui l’aura vu mettre à l’honneur les gens dits différents avec une danseuse obèse et une autre sourde et muette à ses côtés. C’est le Royaume-Uni qui termine bon dernier avec seulement 16 points - une sanction en raison du Brexit ? - tandis que l’Allemagne, chose rare, n’a pas reçu le moindre point de la part du public.

Israël avait mis les petits plats dans les grands pour cette soirée sous haute tension. Une foule de stars locales et d’anciens lauréats du concours ont été mises à l’honneur tout au long de la soirée : Dana International, Conchita Wurtz, Mans Zelmerlow ou encore Netta, la lauréate de l’an dernier. L’organisation était réglée comme du papier à musique et s’est déroulée sans fausse note quasi jusqu’à la fin. En effet, lors de l’annonce du vote du public islandais, le groupe Hatari - très SM et à la chanson apocalyptique - a profité des caméras braquées sur lui pour brandir des écriteaux sur lesquels il était inscrit "Palestine". De quoi déclencher les huées du public de l’Arena de Tel-Aviv où se déroulait l’événement et qui était chauffée à blanc depuis 21 heures.

L’autre grand événement de la soirée, c’était la venue et la prestation de Madonna. Il fallait être patient pour voir la reine de la pop parce que sa première apparition n’a eu lieu qu’à 23 h 33. Et encore seulement pour une courte interview. Il a encore fallu attendre une bonne vingtaine de minutes avant qu’elle n’interprète ses deux titres de la soirée : "Like a Prayer" extrait de l’album du même nom qui fête ses 30 ans cette année, et "Future", son nouveau single extrait de Madame X, son nouvel à paraître fin juin. Une prestation à la hauteur de la réputation de la chanteuse ? Absolument pas, malheureusement pour le public et ses fans. La Madone a même été la risée des réseaux sociaux. Les internautes ont instantanément raillé sa tenue confectionnée par Jean-Paul Gauthier mais aussi et surtout le fait qu’elle a chanté faux sur le premier titre. Impossible de dire ce qu’il en était pour le second qu’elle a immédiatement enchaîné puisqu’il était truffé d’Auto-tune. Difficile de faire pire alors que les organisateurs ont tout de même déboursé 1,5 million d’euros pour s’assurer de sa venue.

45 ans après son dernier succès, 44 ans après avoir accueilli le concours sur ses terres, les Pays-Bas ont donc renouvelé avec la victoire. Il leur revient donc d’organiser l’édition 2020.