Entre la tournée DALS, la promo puis les répétitions de Saturday Night Fever, Fauve Hautot ne s’est pas beaucoup posée ces derniers mois…

Il est plus de 23 heures quand, en coulisses, elle passe saluer "les membres de la presse belge" qui, ce soir-là, ont assisté à la représentation de Saturday Night Fever. Fauve est fatiguée, emmitouflée dans un gros manteau, mais elle tenait à nous rencontrer, avant de retrouver son lit. Tout comme, après nous avoir promis qu’on se parlera bientôt au téléphone, elle met un point d’honneur à aller faire quelques selfies avec les fans qui l’attendent à la sortie des artistes. Quand, quelques jours plus tard, on l’a au bout du fil et qu’on en reparle, elle tempère : "J’avoue que je ne le fais pas tous les soirs, parce qu’il y a des fois où je suis vraiment fatiguée. Mais me prêter au jeu des dédicaces ne me gêne absolument pas. En plus, souvent, ce sont des enfants, des gens qui sont hyper éblouis, qui ont les yeux qui pétillent. Ça me prend 20, 30 minutes et je le fais. J’apporte un peu de bonheur aux gens…"

Quand vous étiez môme, les comédies musicales vous faisaient rêver ?

"Pas du tout. C’est drôle, d’ailleurs. J’en ai vu très peu, en fait. Il y avait un truc avec le chant, la comédie, qui ne m’intéressait pas vraiment. En revanche, j’étais fan des films musicaux avec Fred Astaire, Cyd Charisse. Mais les comédies musicales, je ne me suis jamais dit que j’avais envie d’en faire une. Si j’ai dit oui à celle-ci, c’est que c’est plus un dancing musical , c’est plus axé sur la danse et moins sur la chanson française comme on peut le voir. Je ne critique pas, mais c’est moins ma came. Là, j’y trouve mon compte parce que je peux envoyer la sauce au niveau danse. Et puis même, la musique des Bee Gees est incroyable."

Vous aviez un souvenir ébloui du film ? Ça fait quand même quarante ans…

"C’est fou, hein ? Comme toutes les danseuses, je pense, j’ai quand même regardé pas mal de ces films-là : Showgirls, Dirty Dancing … Travolta, c’est quand même un acteur incroyable ! Ce film, c’est indémodable. Ça fait partie de l’histoire."

C’était un vrai nouveau défi, pour vous, de jouer la comédie ?

"Oui, c’est complètement neuf pour moi. J’avais envie de faire complètement autre chose. Quand on m’a proposé le projet, j’étais contente de travailler avec un nouveau metteur en scène, de nouveaux danseurs, une nouvelle équipe et ça me plaisait. Il s’avère qu’en plus il y avait de la danse, donc c’était très cool. Mais il y avait aussi des parties de comédie et je ne savais pas trop sur quel pied danser. J’étais hyper peureuse, j’avais la trouille de me faire juger en jouant devant un public. Je me demandais si j’allais être juste, si j’allais être bonne. Toutes ces questions que l’on peut se poser en tant qu’artiste. Au final, en ayant bien travaillé, en étant bien accompagnée, j’ai réussi à dépasser ma peur et sortir un truc de correct. Là, je suis hyper contente, mais je ne faisais pas la maline avant de commencer."

On vous sentait très à l’aise quand on vous a vue sur scène. Ça veut dire que l’assurance est venue très vite ?

"C’est ça qui est hyper lunaire : j’étais peureuse, mais je pense que l’adrénaline a fait que j’y suis allée. Dans mon rapport au jeu, je voulais être la plus naturelle possible. Qu’on ait l’impression que je joue mon rôle ! Au final, je suis super à l’aise parce que je crois que j’ai réussi à intégrer le personnage et à lui donner vie. Tous les soirs, j’adore la jouer. Elle me fait rire."

Quel a été votre travail sur toutes les parties dansées ?

"Il y a Stéphane Jarny qui est le chorégraphe du spectacle. Moi, toutes les parties que j’ai, c’est de la danse de salon, ce que j’ai l’habitude de faire. Donc, c’est sûr que j’ai mis la main à la pâte parce que c’est dans mes cordes et que je sais exactement ce que Stéphane Jarny voulait. Je me suis investie sur mes tableaux, ça, c’est sûr."

Mais vous n’avez pas mis votre grain de sel dans le reste ?

"Euh… On m’a dit qu’il fallait que je chorégraphie telles parties, après je me suis aussi mise dans les danses de groupe, parce que c’est aussi le spectacle. Ce sont des heures et des heures de répétitions. On a fait du 9 heures - 19 heures tous les jours pendant un mois et demi. C’est un très gros boulot mais je m’y suis totalement investie. Mais je ne fais pas les choses à moitié et si ça ne me plaît pas, je le dis haut et fort."

C’est l’école de la danse qui vous a appris ça ? Depuis toute petite ?

"Oui, depuis toute petite. Mais moi, j’ai pour devise qu’on n’a rien sans rien. Si tu ne bosses pas, les bonnes choses ne peuvent pas t’arriver. Plus tu fais les choses au max et plus tu te donnes à fond et plus les belles choses arrivent. C’est une rigueur, c’est sûr. Je n’ai pas la vie de tout le monde mais c’est un choix. Peut-être que je me calmerai plus tard. Sûrement."

Pendant ces périodes de répétitions, vous étiez aussi dans Danse Avec Les Stars. Vous faisiez comment ?

"Franchement, je suis hyper fière de moi, parce que ça fait depuis mai 2016 que je ne me suis pas arrêtée. Je suis partie en tournée cet été, j’ai enchaîné avec DALS , j’ai fait la promo de Saturday Night Fever , puis les répétitions et enfin le Palais des Sports. Physiquement, j’avoue que ce n’est pas simple, mais j’ai une très bonne hygiène de vie, je me connais par cœur. Je n’ai pas franchement de vie sociale en dehors de mon boulot, je ne me couche pas à pas d’heure. Je pense que c’est comme ça qu’on tient. Étant donné que je suis très pro, je n’ai pas d’autre choix que de performer, d’être à 3000 % en scène. J’ai une chance inouïe d’avoir tous ces projets, donc faut y aller. Mais je suis une grande travailleuse. Peut-être un peu trop !"

Sur la route, Fauve hautot n’a pas de doutes

En acceptant le rôle de Stéphanie dans Saturday Night Fever, Fauve Hautot était bien consciente qu’elle se lançait dans une aventure au long cours. Car après les représentations parisiennes viendra la tournée, qui s’arrêtera à Bruxelles le 18 novembre pour deux représentations.

Et puisque choisir, c’est renoncer, elle a dû trancher, ce qu’elle assume parfaitement. "J’ai renoncé à des choses, très certainement. Mais j’ai l’habitude de ça aussi : quand tu t’engages sur un projet, ben tu t’engages ! Quand les choses sont dites dès le départ, ce sont des arrangements à trouver, mais quand tout est cadré, il n’y pas trop de soucis à se faire", dit-elle, de la détermination dans la voix. "On peut voir les choses facilement un an à l’avance. Comme je travaille nuit et jour, j’arrive à caler mon agenda longtemps à l’avance !"

Ce qui lui permet, puisqu’elle a un planning à un an, de déjà savoir si elle participera à la prochaine saison de Danse avec les stars ? "Oui, je sais si je peux le faire ou pas. Mais après, à voir quand l’émission sera diffusée, comment ça va se passer avec la tournée, s’il peut y avoir une remplaçante sur la tournée… Ce sont des questions à se poser, mais auxquelles je ne peux pas donner de réponses, parce que ce n’est pas à moi de les donner."

Ce qui est sûr, c’est que cette aventure télévisuelle, qui l’a mise en lumière, l’amuse toujours énormément. "C’est une émission importante pour moi, et que je ne louperai pas. J’aime cette émission, elle m’a apporté tellement de choses que je suis hyper respectueuse et redevable", souligne-t-elle.

Mais là, pour l’heure, c’est à la tournée de Saturday Night Fever qu’elle pense. Un moment qu’elle aime, celui où on se retrouve sur la route, entre potes… "Je suis en tournée depuis que j’ai 18 ans. Donc, je connais !", rigole-t-elle. "Ça ne me gêne pas du tout de prendre ma valise, de me bouger, de passer d’un hôtel à l’autre. C’est une forme de rencontre avec le public, n’importe où tu passes, tu dois remettre le feu, faire revivre le truc. Après, c’est aussi une vie entre potes et c’est là où tu découvres aussi les gens, parce que tu es en dehors de chez toi. Ce sont de belles expériences, les tournées. Ça fait 15 ans que je tourne et 15 ans que j’adore ça."