À l’heure où l’humanité entière se bat contre un virus – depuis douze longs mois déjà – et où le lavage des mains est devenu le premier geste destiné à nous protéger de la transmission de la Covid, Arte consacre toute une soirée aux bactéries, microbes, et à ceux qui les ont combattus au fil des siècles. Entre un documentaire sur Pasteur et Koch et un autre sur l’Incroyable histoire des tueurs de bactéries, se glisse un sujet sur l’histoire de L’hygiène à travers les âges. Soit 52 minutes pour comprendre comment, au 18e siècle à Paris, les germes grouillaient quand, 2000 ans plus tôt, en Grèce, se laver était un geste tout ce qu’il y a de plus commun.

Le mot hygiène vient d’ailleurs de là, d’Hygie, nom de la déesse grecque de la santé, de la propreté et de l’hygiène. Le culte du corps n’y est pas qu’un mot : on s’enduit d’huiles, d’onguents ; les massages font partie d’un rituel quotidien.

Les Romains vont, à leur tour, construire des thermes (certains vestiges existent toujours) au cœur de la capitale de l’empire qui compte alors un million d’habitants. Chacun a le droit de s’y rendre, qu’il soit riche ou pauvre. À l’époque, la consommation en eau est énorme : 450 litres par jour et par personne (contre 148 en moyenne aujourd’hui en France). Grâce aux innombrables aqueducs, la ville est approvisionnée en eaux de différentes qualités : celles qui ne sont pas potables servent aux latrines publiques, où l’on vient se soulager en public et même converser ou faire des affaires. Pour s’essuyer, on utilise une éponge, fixée à un bâton, que l’on passe ensuite… au suivant. Ce qui ne rend pas l’affaire très hygiénique, on s’en doute…

Pourtant à Rome, on installe également un réseau d’égouts pour évacuer les eaux usées. Tout ce système va perdurer jusqu’au moment des “invasions barbares”, qui vont entraîner des bouleversements politiques, mais pas seulement.

Toutefois, il reste des lieux où ce savoir antique va se transmettre : les monastères. Au Moyen Âge, les soins du corps complètent ceux de l’âme. La règle de Saint Benoît prévoit deux bains… annuels : à Noël et à Pâques.

Dans le reste de la société, au Moyen Âge, tout est plutôt sale, à commencer par les rues. Le bétail vit dans les maisons et se promène en liberté, les latrines servent de lieu d’aisances mais aussi de poubelles. Vidées régulièrement, les fosses sont emportées à la campagne où elles servent d’engrais. Ce qui contamine les nappes phréatiques et rend l’eau impropre à la consommation. Du coup, on lui préfère la bière et le vin !

Le documentaire revient aussi sur le tragique épisode de la peste noire qui ravagea l’Europe à partir de 1347. En l’espace de 5 ans, on dénombrera vingt-cinq millions de victimes, soit entre un tiers et la moitié de la population européenne. Un historien allemand de la médecine explique comment, à Venise, la plus importante cité commerciale de l’époque, porte de l’Orient, on avait compris qu’il fallait mettre les malades à l’isolement, puis en quarantaine, afin d’empêcher que le virus se propage. “Venise était entièrement dépendante de son activité commerciale et la plus grande crainte des autorités, c’était que l’économie ne s’effondre”, dit-il. “Cette question reste centrale pour les gouvernements en période d’épidémie et a même tendance à éclipser les intérêts de l’individu. C’est ce qui explique, en tout cas, ces mesures de quarantaine très strictes.” Cela se passait voici sept siècles…