La vie des Belges, un projet mort-né ?

Alors que l’Audimat vit plutôt un bel été indien, le malaise est palpable au sein des équipes du JT de la RTBF. En cause, principalement : La vie des Belges. Annoncée en grande pompe lors de la conférence de presse de rentrée de la chaîne publique, cette séquence de 9 minutes, une sorte de L’œil du 20 h de France 2 en version noir-jaune-rouge, n’a pas encore été diffusée. Et pourrait ne jamais l’être…

Pourtant, ces grands reportages ont bel et bien été tournés et ficelés. Du moins quatre ou cinq d’entre eux. Et seraient même de qualité. Destinés à élever le niveau du JT (et à le faire terminer aux alentours de 20 h 15, soit un quart d’heure après le début des JT hexagonaux) trois fois par semaine, ces grands formats belges risquent fort de tomber aux oubliettes.

En cause : un couac dans la gestion des coûts de production. De source sûre interne, il s’avère qu’ils ont été volontairement sous-évalués afin que le projet soit accepté. On parle d’un budget annoncé, pour chaque reportage, de 3.000 euros. En réalité, ce sont quelque 8.500 euros qui seraient nécessaires à la réalisation des 9 minutes d’un épisode de La vie des Belges. Soit près de trois fois le coût annoncé ! La RTBF a moyennement apprécié le mauvais calcul qui représenterait, au terme d’une année, un dépassement de plus de 600.000 euros sur le budget initial.

Aujourd’hui, alors qu’il était prévu de tenir 40 semaines, les caisses ne le permettent pas. Plusieurs sujets ont été tournés et montés. D’autres sont actuellement en rade. Des journalistes ont été spécialement détachés des reportages du JT pour se consacrer au plus grand format de La vie des Belges. Pour l’heure, ils ont travaillé pour rien…

Entre les différentes parties, le ton est monté. Peut-être même jusqu’au point de rupture. Christian Dauriac, le chef de la rédaction du JT, aurait d’ailleurs confirmé lors d’une réunion que La vie des Belges était glissée dans un tiroir jusqu’à nouvel ordre. Cela ressemble à s’y méprendre à un enterrement sans couronne ni homélie.

Au sein de la rédaction, les journalistes, très motivés par l’idée d’avoir davantage de temps pour développer un sujet de fond dans un JT aux séquences souvent très speed, sont consternés et pour tout dire découragés. Cette Vie des Belges représentait aussi un enjeu stratégique important pour la RTBF. Le malaise risque de faire tache si la direction n’intervient pas de manière rapide. Car il devrait y avoir des suites…