C’est un tabou qui a la vie dure. En France, 1 femme sur 5 est victime de harcèlement sexuel au travail. Comment réagir ? Comment prévenir ? Ce documentaire donne la parole aux victimes et fait le point sur la loi. Où s’arrête la séduction ? Où commence le harcèlement ? Trois Français sur quatre ont du mal à faire la différence. C’est "l’esprit gaulois", fait d’humour et de dérision voire de mépris à l’égard de celles qui s’en plaignent, qui fait souvent sens commun.

Pour mieux le comprendre et le cerner, un panel d’hommes et de femmes, de tous milieux et de tous âges, a été réuni pour un grand quiz, animé par l’humoriste Guillaume Meurice (histoire de donner un peu de légèreté à la soirée). À des questions simples, ils doivent répondre par oui ou par non. Exemple ? "Un chef fait du pied sous la table à une employée, pendant un déjeuner. Harcèlement sexuel ? Vrai ou Faux ?" Le débat peut ensuite s’enclencher, tout en étant éclairé par Marilyn Baldeck, responsable de l’Association contre les Violences Faites aux Femmes au travail.

Place, ensuite, aux témoignages de victimes qui ont, toutes, accepté de parler à visage découvert de ces harceleurs qui leur ont pourri la vie sur leur lieu de travail. Elles s’appellent Clarisse, Isabelle, Anne-Sophie, Adeline. Pour ces deux dernières, outre que le harceleur est leur "big boss", il est aussi le mari de la directrice du laboratoire où elles travaillent toutes les jeux. "Ce poste, c’était participer à une aventure humaine et humanitaire, dit Adeline. Quand il entrait dans les bureaux avec des visiteurs, il nous présentait comme son harem ou ses belles plantes"… "Le plus insupportable, c’est que l’on devait subir le récit de sa vie et de ses expériences sexuelles, notamment en Afrique. Il nous expliquait qu’en France, les femmes étaient bridées et que nous étions des bourgeoises coincées." Pendant quatre ans, les deux femmes vont subir la lourdeur de leur patron, qui use de son autorité pour imposer ses blagues salaces et ses allusions sans équivoque.

Pour cette autre quadra, le harcèlement prend des proportions folles : son patron lui envoie jusqu’à 160 SMS par jour, lui détaillant tout ce qu’il rêve de lui faire. Elle en perd le sommeil, l’appétit, le goût de vivre. Mais aujourd’hui, elle parle et ses mots sont libérateurs. Et c’est sans toute la plus grande force du documentaire de Andrea Rawlins-Gaston et Laurent Follea : montrer que face à de telles situations, on n’est pas seule. Et que verbaliser le malaise, le dénoncer, c’est déjà un premier pas vers le respect.

Harcèlement sexuel au travail : l’affaire de tous

Mercredi 5 août à 22.30 sur France 2