À l’automne 2017, Didier Van Cauwelaert avait posé ses valises à Molenbeek, un mois durant, pour le tournage de l’adaptation de son roman, J’ai perdu Albert. Dans les rôles principaux : Stéphane Plaza, Julie Ferrier et Josiane Balasko. “Nous avons passé un mois chez vous et un mois à Nice. C’est un projet de longue haleine… Mais tout s’est mis en place rapidement dès que nous avons eu le feu vert. Cela dit, c’est assez inédit comme situation, puisqu’en général, entre la sortie du livre et le tournage, il s’écoule un an, minimum. Le film sortira donc dans six mois, le 12 septembre”, nous confiait-il au printemps 2018.

Coproduit par Climax Films (en Belgique) et Angélus Productions (en France), J’ai perdu Albert pourrait bien voir, sur papier, une suite aux aventures du jeune apiculteur, la fin du livre étant pour le moins ouverte. “Franchement, je n’y ai pas pensé en écrivant le livre. C’était simplement la fin que je voulais : ce voyage de la conscience d’Albert, qui transite un psychologue et qui attend le moment où un petit garçon sera, peut-être, apte à compléter ses théories. Surtout, je voulais ce petit clin d’œil, cet aveu d’humilité, d’inquiétude et d’hyperlucidité d’Einstein qui dit que tout ça c’est pour le bien de l’humanité. Enfin, j’espère”, ajoute l’auteur dans un grand rire.

Le choix de Plaza

Pour le choix des comédiens, en particulier de l’apiculteur au grand cœur et auquel l’auteur tient beaucoup, le nom de Stéphane Plaza s’est imposé après qu’il l’ait vu sur scène dans Le fusible.

Je ne le connaissais pas personnellement. Je l’avais simplement vu au théâtre. Il m’avait impressionné par sa sincérité et son efficacité. Je me suis dit : “Il faut que je trouve ses coordonnées”. Le lendemain, pour mon roman Le Retour de Jules, j’étais invité sur RTL aux Grosses Têtes. Stéphane Plaza était là, remplaçant un chroniqueur au pied levé. Tous les hasards ne sont pas des signes, mais quand même… Il a accepté le scénario immédiatement.

Et a fait confiance à un réalisateur qui, s’il n’était pas néophyte, n’avait plus dirigé depuis Les amies de ma femme, des années auparavant. Ce réalisateur, c’est Didier Van Cauwelaert en personne. “Je pense que j’étais le mieux à même de diriger J’ai perdu Albert”, confiait-il, sans fausse modestie. “La médiumnité est un sujet trop souvent caricaturé par des gens qui n’y connaissent rien. Pour la mettre en images avec toute la rigueur qu’elle requiert, il faut être au fait de son fonctionnement comme de ses dysfonctionnements, et savoir les faire ressentir aux acteurs comme si c’était leur lot quotidien. La comédie vient du naturel et du décalage avec lesquels les personnages traitent cette information parasite. À partir d’un tel postulat surnaturel développé avec logique, les deux comédies totalement réussies à mes yeux sont Ghost et Didier.”