Alors qu'il sera en Belgique en décembre avec son one-man-show, Michael Youn revient sur son départ de l'émission

BRUXELLES Véritable trublion du Paf, roi de la provoc, nouveau champion du box-office avec La beuze et Les 11 commandements, Michael Youn écume également depuis près de deux ans les salles avec son one-man-show, Pluskapoil, dans lequel il révèle une facette plus complète de son personnage. Plus de 150.000 spectateurs l'ont déjà vu sur scène. Et ce n'est pas fini, puisqu'il revient en Belgique en décembre. Interview anti-langue de bois!

Vous vous attendiez à un tel succès avec votre spectacle?

«Si je vous disais le fond de ma pensée, vous trouveriez que je suis prétentieux (rires ). Mais c'est vrai, je suis un garçon assez positif et, plutôt que de m'attendre au pire, je m'attends au meilleur. Je pensais donc que ça allait marcher et que le public allait venir.»

En deux ans, le spectacle a évolué?

«J'ai réécrit 70% du show. Je n'ai jamais joué deux fois le même. C'est devenu un spectacle plus musical, puisqu'il y a des chansons, des danseuses, un peu à l'américaine.»

De par la télé, on a l'image de vous de quelqu'un qui improvise beaucoup. C'est également le cas dans votre spectacle?

«Pas du tout. Il y a très peu d'improvisation. Le spectacle n'a rien à voir avec ce que je fais à la télé. Tout est écrit. Il faut vous dire que, de façon générale, les comiques n'improvisent qu'à raison de 5% par spectacle.»

Ça vous agace qu'on ne voit en vous que le déconneur?

«S'il y a quelqu'un à blâmer pour ça, c'est moi. J'ai trop tendance à ne livrer que cette image-là. Mais, de l'autre côté, c'est cette réputation qui fait venir les gens à mon spectacle. Ils viennent pour le délire. Mais une fois qu'ils sont là, ils s'aperçoivent que je suis capable d'écrire un texte et que j'ai une sensibilité.»

Justement, qu'est-ce que les gens verront dans le spectacle?

«Il y a des personnages beaucoup plus en tendresse que ce qu'on peut faire en télé. Même si ça reste du Michael Youn. Je joue, par exemple, un psychopathe qui vide les animaux, mais également ses parents. Il y a aussi Violette, une prostituée handicapée juive. Je fais également un sketch sur ma femme. Je parle aussi de la téléréalité...»

Et vous comptez faire un sketch sur Fogiel, après votre départ de son émission il y a deux semaines?

«Je faisais déjà des vannes sur lui dans mon spectacle. Je les ai juste réactualisées après ce qui s'est passé. Je rappelle, par exemple, au public que, tous les dimanches, il est en direct à la télé et que donc il n'est pas chez lui. Et puis je donne son adresse et l'endroit où il cache son argent au milieu de la collection de petites culottes de sa maman!»

Avec le recul, vous regrettez d'avoir quitté le plateau?

«Non. Certains me demandent si ce n'est pas la fin de ma carrière, comme pour Chantal Goya. Faut arrêter! Pour moi, c'est un non-événement. Je me suis énervé, comme ça peut arriver à tout le monde lorsqu'on tombe sur une tête de con. Je me suis senti baisé, j'ai eu l'impression qu'on m'avait menti.»

Quand on va chez Fogiel, on sait pourtant à quoi s'attendre...

«Vous n'étiez pas dans la loge lorsqu'on a discuté avant l'émission! Il m'a laissé penser que ça allait être de la déconnade et il n'a pas joué le jeu. Si j'ai commis une erreur, c'est d'aller dans son émission.»

Comment expliquez-vous le succès des 11 commandements ?

«Je pense que ça tient au fait qu'on ne respecte aucune convention préétablie. Et c'est justement ce que Fogiel n'a pas réussi à faire avec moi. Il voulait que je rentre dans son système et ça n'a pas marché. Je suis quelqu'un de libre et je crois que ça plaît à la jeunesse d'aujourd'hui.»

En février prochain, on va vous voir dans Iznogoud au cinéma. Ce sera très différent de vos autres films?

«Ça n'aura rien à voir. J'ai beaucoup travaillé le rôle. C'est là qu'on pourra dire si j'ai ma place au cinéma ou s'il vaut mieux que je continue à faire chier Fogiel. Mais, pour avoir vu les premières images, je suis content de ce que j'ai fait. C'est un conte des 1.001 nuits réalisé par Patrick Braoudé. On est chez Walt Disney.»

Une dernière question: il paraît que vous avez commencé votre carrière chez Microsoft!

«C'est vrai. Je m'occupais des relations publiques et du marketing. C'était pas mon truc. Si j'étais resté, je me serais suicidé à 40 ans!»

Michael Youn sera le jeudi 2 décembre au palais des Beaux-Arts de Charleroi (Rés.: 071/31.12.12), le 3 décembre au Cirque Royal de Bruxelles (02/218.20.15) et le 4 décembre au Forum de Liège (04/223.18.18).

© La Dernière Heure 2004