Après 35 années passées à France Télévisions comme journaliste, dont trois années à présenter Complément d’enquête où il a succédé à Thomas Sotto, Jacques Cardoze a surpris tout le monde. Vendredi, sur Twitter, il a annoncé qu’il quitte la télévision qui lui a pourtant tout donné. “À part, peut-être présenter le 20 heures”, souligne-t-il dans Le Parisien.

“Je suis fier de pouvoir annoncer mon arrivée à la direction de la communication de l’Olympique de Marseille (à compter du 15 juin). Je rejoins mon club de cœur, mon club de toujours, celui qui n’a cessé d’accompagner mes pensées pendant mes 30 années de télévision. […] J’ai hâte de pouvoir retrouver les chants au stade Vélodrome et cette ambiance unique dont nous avons tant besoin”, a-t-il écrit.

C’est donc une figure emblématique du petit écran qui va tirer sa révérence. En 1994, il avait participé à la création du Journal des sports de France 3 avant de faire de l’investigation, notamment pour Envoyé spécial, d'être correspondant de guerre et à plusieurs reprises le correspondant de France 2 à l’étranger. Entre autres aux États-Unis de 2013 à 2018.

Le jour où il est mort

En 2003, alors qu’il couvre la seconde guerre du Golfe, il est porté disparu la veille de la chute de Bagdad. À la direction de la rédaction de France Télévisions on le croit mort. “C’est l’un des deux moments de ma vie où j’ai cru y passer. À Bagdad, le 9 avril 2003, on déboulonne la statue de Saddam Hussein. Et, pendant 24 heures, on va me croire mort, la direction de France 2 appelant mon père et ma femme pour leur dire de se préparer au pire. Il était 11h-12h et mon cameraman, Roger Motte, et moi étions en fait en reportage sur l’une des dizaines de ponts que l’armée américaine s’apprêtait à reprendre avant d’y mettre des check-points. Nous devions préparer un sujet sur ‘les enfants et la chute de Bagdad’. Les Américains, qui nous avaient probablement confondus avec des cibles ennemies, nous ont visés. On est sorti précipitamment d’un véhicule que nous avons dû abandonner. Il y a eu un tel nuage de fumée que nous ne nous sommes plus vus, Roger et moi. Courant chacun dans un sens, lui d’un côté du pont et moi de l’autre, je me suis retrouvé avec mon guide sur le versant sud, qui n’était pas encore occidentalisé, tandis que Roger avait rejoint le coin des journalistes, au nord du pont. Mais j’ai cru mon collègue mort. Après avoir fait un tour des hôpitaux et des morgues, pour voir s’il ne s’y trouvait pas, je me suis réfugié, la nuit tombant, dans une habitation proche de l’aéroport, attendant le lendemain matin avant de réapparaître”, a-t-il raconté à Télé Star des années plus tard.

“J’ai su, après, que Roger s’était fait engueuler pour ne pas être resté à mes côtés, même s’il avait sauvé sa peau, et qu’Olivier Mazerolle, directeur de la rédaction, avait appelé le soir même mon père pour le prévenir de se préparer au pire, tandis que Guilaine Chenu, qui avec Françoise Joly était la responsable d’Envoyé Spécial, pour qui je travaillais, avait téléphoné à mon épouse afin de lui dire exactement la même chose.”

Le lendemain, alors qu’il se rend à un check-pint américain, il croise une de ses collègues de France 3 qui s’étonne : “Ben, t’es vivant toi ?” Et à l’hôtel, il a retrouvé son cameraman puis prévenu sa rédaction qu’il était sain et sauf.