Télévision Rencontre avec Jason, un passionné du rail, qui a construit un véritable chemin de fer à vapeur sur Pairi Daiza. Expédition Pairi Daiza.

"En 2013, j’ai rencontré Monsieur Eric Domb, le fondateur du parc", nous raconte celui qui était le président d’une association et musée ferroviaire à la côte belge. "Il m’a proposé de construire un chemin de fer à Pairi Daiza. Je lui ai dit que cela allait coûter énormément d’argent - 6 millions d’euros ! - mais il insistait pour avoir un vrai train à vapeur. Et c’est cela qu’on a créé au bout de deux ans." En effet, le parc animalier dispose d’un chemin de fer de voies étroites, de 2,3 kilomètres (ce type de voies fut posé en Belgique durant la première guerre mondiale pour assurer l’approvisionnement des troupes au front) qui fait le tour du domaine de Cambron-Casteau. "Nous disposons de quatre locomotives à vapeur qui roulent à environ 15 km/h, poursuit cet ancien gestionnaire de plomberie. "Pour créer ce chemin de fer, on a dû traverser tout le parc. Un travail gigantesque d’un an de préparation pour six mois de création."

Avec ses wagons -136 places par train - harnachés aux locomotives à vapeur, Jason vit enfin de sa passion 24 heures sur 24. "Dans le circuit normal, il était impossible de vivre de ma passion. Le seul endroit au Benelux était le parc Pairi Daiza. C’est un vrai chemin de fer à vapeur qui tourne 7 jours sur 7." Jason et son équipe (6 autres conducteurs) passent donc la plupart de leur temps à bichonner leurs locomotives. "Comme les soigneurs des animaux, nous sommes les soigneurs des trains", souligne celui qui effectue un entretien et des inspections journalières comme à la SNCB. "Nous sommes une équipe de passionnés qui ont toujours vécu dans le monde ferroviaire. Ils ne préparent pas les machines, ils les soignent. Car ces machines ont une histoire, ils regardent alors à chaque détail pour être sûr qu’il n’y ait aucune erreur. S’il y a le moindre problème comme un boulon qui manque, on la met tout de suite de côté."

Et Jason sait de quoi il parle, lui qui est spécialiste ferroviaire depuis 30 ans. "Dans mon association, j’avais une machine polonaise pour voies étroites qui était en mille morceaux. On l’a envoyé tout de suite en Angleterre pour la réparer. Je ne l’ai jamais vue complète. J’ai dû aller partout en Europe pour trouver les pièces car elle date de 1954. On avait fait un premier essai vapeur le premier juin 2014, pour fêter le 20e anniversaire du parc." Une vapeur d’eau qui est tout aussi contrôlée. "À l’heure actuelle, il s’agit encore du seul véhicule qui roule sur eau, conclut le Gantois. "Le moyen pour faire chauffer l’eau - avec une température qui peut monter à 48 degrés dans l’habitacle - c’est du charbon et du bois. On a alors trouvé du charbon avec une émission très basse qui vient d’Angleterre. Car on veut aussi penser à l’environnement. Pour nous, sauvegarder le patrimoine est très important afin de montrer ces machines à vapeur aux futures générations."