En septembre dernier, quarante ans après les faits, Mark Chapman s’est excusé auprès de Yoko Ono. Un mois plus tôt, au cours de l’audience qui s’était tenue à New York et durant laquelle était examinée sa libération conditionnelle, l’assassin de John Lennon avait pris la parole. “Je voulais juste dire à nouveau que je suis désolé pour mon crime,” affirmait-il dit au Conseil d’administration du Centre correctionnel Wende de New York. “Je n’ai pas d’excuse, c’était juste pour ma propre gloire. Je pense que c’est le pire crime qu’on puisse faire à un innocent.” “Il était tellement célèbre. Je ne l’ai pas tué pour qui il était. C’était un père de famille, une icône, quelqu’un qui parlait de choses dont nous pouvons parler aujourd’hui, et c’est formidable”, a ajouté Chapman, derrière les barreaux depuis le soir fatidique du 8 décembre 1980. “Je l’ai assassiné, pour reprendre vos propres mots, parce qu’il était vraiment très très très connu et c’est la seule et unique raison. J’étais très égoïste et je cherchais vraiment ma propre gloire. Je voudrais vraiment souligner cela. C’était un acte complètement égoïste. Je suis désolé pour la douleur que j’ai causée à Yoko, j’y pense tout le temps.”

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Ces mots rejoignent ceux prononcés dans le documentaire, diffusé ce soir sur La Une, par les policiers et enquêteurs qui, voici quarante ans, ont eu à auditionner et à juger Mark David Chapman, 25 ans au moment des faits. Un jeune homme que ses voisins, ses collègues, à Hawaï où il vit, décrivent comme un type sans histoire, serviable, tranquille et apprécié. Un Américain moyen, ayant grandi au son des Beatles que, comme tous les gamins de son âge, il écoute en boucle. Jusqu’au jour où la religion le rattrape et où il devient “chrétien régénéré”. Il rejette alors en bloc ce qu’il a adoré : la musique jugée satanique du groupe britannique, les drogues qu’il a expérimentées, bref, sa vie d’avant. C’est le long processus d’isolement de ce garçon “comme les autres” et pourtant, en vérité, malade depuis l’enfance, d’après l’expert psychiatre Daniel Schwartz, qui est montré dans ce docu produit par CNN.

Comme annoncé d’emblée, on suit les trajectoires de deux hommes que tout oppose – Lennon et Chapman – jusqu’à ce qu’elles se croisent, en ce froid soir de décembre. Quelques heures avant que le second abatte le premier de quatre balles dans le dos, il lui avait demandé de dédicacer son dernier album, Double Fantaisy. Saisie pour les besoins de l’enquête, cette pièce à conviction est aujourd’hui en vente sur le site Goldin Auctions. Les offres ont démarré le 23 novembre, à 400 000 dollars.