Judith Godrèche, sous les feux des projecteurs depuis 30 ans en tant qu'actrice, vit désormais à Los Angeles où elle travaille au scénario d'un projet de série télévisée d'inspiration autobiographique pour la chaîne HBO.

A l'affiche de la comédie "The Overnight", qui sort aux Etats-Unis le 19 juin et sera projeté au Los Angeles Film Festival ce week-end, la comédienne de 43 ans a raconté à l'AFP sa vie californienne, partagée entre l'écriture et ses enfants.

Vous travaillez sur un projet de série télévisée pour HBO. Vous êtes à l'affiche de The Overnight tourné ici à Los Angeles. Etes-vous installée aux Etats-Unis durablement?

"Rien n'est planifié. J'étais venue m'installer ici pour trois mois pour tourner "The Overnight". J'avais une idée de scénario dont je comptais faire un film mais finalement HBO l'a achetée, c'était une proposition impossible à refuser, et les choses se sont définies à partir de ce moment-là. Je ne pouvais pas repartir et comme j'élève deux enfants, je ne vais pas les laisser pour aller tourner en France, donc là où je travaille est dicté par là où mes enfants vont à l'école."

C'est votre première tentative de vous installer ici? Quel effet cela fait de retrouver un anonymat en vivant ici?

"Ridicule" (1996), un film de Patrice Leconte, avait très bien marché aux Etats-Unis et le studio Miramax m'avait emmenée en tournée promotionnelle américaine de trois mois. A l'époque, je n'étais pas prête à déménager ici, je voulais fonder une famille, et j'étais avec quelqu'un de très ancré et avec beaucoup de succès en France (Dany Boon, ndlr) et j'ai choisi ma vie de couple car ce qu'on m'offrait m'aurait éloignée de la France. On m'avait notamment proposé un film en Nouvelle-Zélande. Sur le coup, mon entourage américain avait l'air de penser +mais enfin elle ne se rend pas compte de sa chance?+. Mais d'une certaine façon, quand les choses vous arrivent sans effort c'est plus facile de les refuser et c'est quand elles arrivent difficilement qu'on les veut, et moi j'aime la difficulté, les choses nouvelles, les aventures. Par exemple à la télévision, je trouve génial d'apprendre comment on écrit un pilote, et de quasiment recommencer à zéro. Les Américains savent que j'ai fait 30 films, que j'ai tourné avec des réalisateurs qu'ils estiment comme Olivier Assayas, ça me donne un statut, et en même temps j'ai tout à prouver. C'est très rafraichissant. Ici les gens ne me connaissent pas du tout et du coup je me sens très libre. Quand on a été connu très jeune, en tout cas en France, c'est comme si on appartenait un peu aux gens, en tout cas ils ont l'impression un peu de tout savoir sur vous."

Qu'est ce qui a séduit HBO dans votre projet?

"D'abord, j'ai choisi mes producteurs, Mark Olsen et Will Scheffer. Ils ont créé les séries "Big love" et "Getting On". Ce qui les a séduit, je ne sais pas, mais peut-être une façon d'aborder les choses qu'ils considèrent "bold", rentre dedans. C'est l'histoire de quelqu'un qui se retrouve face à la vie ici, avec deux enfants, plongée dans un territoire étranger, d'une façon très honnête, et ça aborde aussi les sujets de l'immigration, de l'homosexualité, plein de choses. C'est très sincère et quelque chose qui m'est quasiment arrivé."