Télévision

Malgré toutes les précautions prise par les équipes, bien rodées à l’exercice, les émissions judiciaires sont parfois critiquées. 

"On me demande comment j’ose traiter tel ou tel sujet, si je pense aux familles. Il faut savoir que, pour les enquêtes de type ‘cold case’, on travaille main dans la main avec la Justice. Et pour les enquêtes en cours, c’est plutôt en parallèle", explique Julie Denayer. Dans ce cas, le secret de l’instruction prévaut. La journaliste et les enquêteurs ne vont évidemment pas se concerter même s’ils entendent souvent les mêmes témoins et font preuve de la même méthodologie. Pas question de se mettre en travers d’une enquête. "On a déjà repoussé la diffusion d’une émission parce qu’une reconstitution devait avoir lieu et que le contenu du reportage aurait pu interférer", confie Julie Denayer.

Malgré ces précautions, la journaliste a déjà subi le revers de la médaille : menaces, intimidations… parfois même par des personnes qui ne figurent pas dans ses reportages. "J’ai déjà reçu une lettre avec une lame de rasoir, des menaces précises sur Facebook." Mais ce genre de choses a plutôt l’effet inverse de celui escompté : cela renforce sa détermination. "Ça ne me fait pas peur. En général, c’est la chaîne qui gère les rapports avec la police. Et si on vient m’embêter chez moi, je gère toute seule. À un moment, j’ai dû recevoir une protection policière pendant plusieurs semaines. C’était suite à un reportage dans Indices , une histoire familiale, pas une mafia quelconque. Ce n’est pas la seule fois où j’ai été menacée. J’ai déjà porté plainte et des dossiers ont été ouverts. Mais c’est cette fois-là que ça a été le plus loin", témoigne-t-elle.

Quant à savoir si elle réfléchit davantage aux risques depuis qu’elle est maman du petit Gaspard, avec Adrien Devyver, Julie Denayer botte en touche. "Je n’ai jamais eu le sentiment de me mettre en danger. Mais j’avoue que je suis davantage casse-cou dans mon travail que dans la vie. Quand je porte ma casquette de journaliste, je fonce et je défonce les portes", affirme celle qui n’a pas envie d’exposer sa vie privée, même au travers d’anecdotes.

"Adrien est un peu différent : il poste quelques photos de notre fils, de dos, sur Facebook par exemple. Moi, je n’ai pas envie de l’exposer, ni en photos, ni en paroles. Comme je n’ai pas envie de parler de notre couple même si je comprends qu’on nous pose des questions : on travaille tous les deux à la télévision, pour des chaî nes différentes. Je veux nous préserver", confie celle qui nous a tout de même montré un endroit que la petite famille affectionne particulièrement pour ses balades dominicales : le parc du château de La Hulpe, pas très loin de chez eux. "Pour notre maison, on a négocié. J’ai grandi à la campagne et je ne pourrai pas habiter en ville. Donc on n’est pas loin de Bruxelles, mais à la campagne quand même."