Cruellement d’actualité - un réseau a été démantelé à Bruxelles, il y a quelques jours -, le thème de la prostitution de mineures fait également l’objet du numéro d’Indices de ce mercredi soir sur RTL-TVI. Suite aux chiffres alarmants dévoilés par Child Focus, Julie Denayer et son équipe sont allées à la rencontre de jeunes femmes qui ont connu la prostitution alors qu’elles n’étaient pas majeures. Un reportage qui est le fruit de plus d’un an de travail. "Le phénomène de la prostitution chez les mineures est grandissant. Les chiffres ne font qu’augmenter. Avec les années, le trafic d’êtres humains est devenu le plus lucratif après celui des armes et de la drogue", explique la présentatrice du magazine d’investigation.

En rassemblant les témoignages, la journaliste se rend compte qu’il n’y a pas de profil type, que toutes ces filles ne sont pas toutes tombées dans la prostitution pour les mêmes raisons. "À Bruxelles, on a remarqué que les mineures qui se prostituaient venaient principalement de milieux aisés. Mais, beaucoup viennent aussi de milieux défavorisés. C’est l’occasion pour elles de se faire de l’argent ‘facile’. Certaines parlent de plus de 3 000 euros par jour. Quand elles sont dans cet engrenage, il leur est difficile d’en sortir."

La banalisation de la sexualité et de la nudité par certaines stars des réseaux sociaux, comme Kim Kardashian, par exemple, est également l’un des facteurs de l’amplification du phénomène. "Aujourd’hui, quand on regarde les réseaux sociaux, on se rend compte que c’est devenu un peu banal de montrer ses fesses ou ses seins. Chez les jeunes, la sexualité représente quelque chose de moins sacré." La pandémie n’a pas non plus aidé les choses à aller vers un mieux. Privée d’une certaine liberté, la prostitution a dû encore plus se digitaliser via des applications comme Instagram, Tik Tok ou encore Snapchat.

"On espère faire passer un message aux jeunes"

Bien qu’il existe des associations qui tentent de prendre par la main les adolescentes tombées dans la prostitution, oser parler est difficile. "Nous avons eu beaucoup de mal à trouver des jeunes filles qui souhaitaient parler", confie Julie Denayer qui espère faire passer un message aux jeunes via Indices. "Le phénomène prend tellement d’ampleur en Belgique qu’il faut en parler, le mettre en lumière. En entendant les témoignages, j’espère que certaines adolescentes tentées par l’agent facile seront dissuadées d’emprunter ce chemin."

Indices Mercredi 20.30