“Derrière chaque grand homme, il y a une grande femme” a-t-on coutume de dire ou d’entendre sans pouvoir attribuer cette citation à quiconque. Pourtant, le 17 avril dernier, l’expression prenait tout son sens en marge des funérailles du prince Philip, l’époux de la reine d’Angleterre. Ce jour-là, Harry, duc de Sussex, a fait le voyage seul au Royaume-Uni pour assister aux funérailles, sa femme Meghan Markle étant sur le point d’accoucher. On le sait plus que jamais en pétard avec son frère William depuis l’interview accordée à Oprah Winfrey quelques semaines plus tôt.

Pour éviter tout dérapage sous les objectifs des caméras du monde entier, la reine a imposé qu’un de leur cousin se tienne entre eux deux durant toute la cérémonie. Mais à la sortie de la chapelle Saint-Georges, Kate Middelton, l’épouse de William, pose un geste fort. Elle va à la rencontre d’Harry, lui parle et rétablit le contact entre les deux frères avant de s’éclipser pour les laisser seuls ensemble.

Kate sauveuse de l’image et de la réputation de la monarchie britannique ? Kate, l’épouse parfaite qui tente de mettre Meghan la rebelle sur le droit chemin, celui de la vénérable monarchie britannique ? L’image est certainement trop réductrice. Car si tout oppose les deux femmes, elles ont un point commun et c’est bien là que cela coince : une ambition à toute épreuve.

Deux ambitieuses

Qui pouvait penser que Kate Middelton, fille de grossiste en farces et attrapes, serait un jour femme de prince et future reine d’Angleterre ? Personne à part ses parents qui dès son plus jeune âge l’ont placée dans des écoles où elle serait à même de fréquenter les plus titrés des nobles du pays. Britannique jusqu’au plus profond d’elle-même, formatée pour être dans le rang et jouer le jeu avec le sourire, la future duchesse de Cambridge a jeté son dévolu sur le prince William sans plus jamais le lâcher. Elle s’est accrochée à son conte de fées comme une moule à son rocher. Pourtant, leur histoire a été faite de hauts et de bas, de multiples ruptures. Mais au terme de ce parcours du combattant, Kate Middelton a fini par épouser son élu.

Le profil de Meghan Markle est bien différent, même si elle aussi cherche les feux de la rampe. Fille d’un éclairagiste de cinéma multiprimé et d’une maquilleuse des plateaux de tournage, c’est une Californienne dans l’âme. Elle est éprise de ce vent de liberté qui souffle sur l’Ouest américain depuis les années 60. Comme Kate, elle est obsédée par sa réussite, celle de devenir une star. Quand commence son idylle avec le prince Harry, elle apporte un vent de fraîcheur dans la cour britannique, mais rompt aussi avec les traditions bien ancrées. Métisse, comédienne et divorcée, elle n’entend pas non plus faire de la figuration et siffle l’heure du renouveau.

Le spectre de Diana

Tradition contre liberté à tout va… le cocktail est explosif. “C’est un peu comme mettre Donald Trump et le prince Charles côte à côte et leur demander de s’entendre”, explique un intervenant. C”’est très compliqué.” Le rêve d’une monarchie qui met des paillettes dans sa vie vole très vite en éclat. Le moindre prétexte est synonyme de rivalité, de mise en avant de soi, de brimades parfois. Voire de mises au pas impitoyables. Respect du protocole, porter du noir lors d’une cérémonie officielle, fermer soi-même la portière de sa voiture, port de la fourchette à table, attribution des bijoux de la couronne pour le mariage, collants ou pas pour les demoiselles d’honneur, tout est bon pour se crêper le chignon entre la princesse bon soldat et la duchesse insoumise. Sans oublier le spectre de Diana qui plane au-dessus de tout cela…

Meghan est-elle la machiavélique manipulatrice que certains décrivent ou une victime du système monarchique ? Kate est-elle la princesse au grand cœur décrite par la presse ou une ambitieuse qui n’accepte pas d’être dans l’ombre ? Et si c’était un peu tout à la fois ? Quoi qu’il en soit, aussi bien Kate Middelton que Meghan Markle œuvrent à se construire un destin. Royal pour l’une, pourquoi pas présidentiel pour l’autre puisque désormais tournée vers les États-Unis, certains imaginent la Californienne un jour être candidate à la Maison-Blanche. De quoi contenter tout le monde ?