On n’a pas fini d’entendre parler du final de Koh-Lanta : La légende rebaptisé par certains "Koh-Lanta de la honte". Depuis mardi et le direct qui s’est achevé sans verdict, tout le monde essaye de comprendre ce qui s’est passé sur place, en Polynésie. Car le mystère plane encore et toujours, la production n’ayant pas révélé ses “éléments concordants” concernant la ou les tricheries (ils ont été déposés chez un huissier), ni les noms des aventuriers concernés. Car ceux qui ont vu leur identité apparaître dans la presse démentent toute entorse au règlement du jeu d’aventures diffusé sur TF1.

Une chose est certaine par contre, du côté d’Alexia Laroche-Joubert, représentante d’ALP, la société qui produit l’émission, cette affaire reste en travers de la gorge. Invitée dans Touche pas à mon poste mercredi soir, elle a manifesté son extrême déception. “À aucun moment, on a pensé qu’on pouvait se retrouver face à une déloyauté comme ça”, a-t-elle dit, reconnaissant que toute l’équipe de production s’est trouvée face à une situation compliquée, des mois après le tournage.

Des complications, ALP pourrait en connaître d’autres. Dans les pages du Parisien, Jérémie Assous, avocat spécialisé dans les contrats de travail liés aux émissions de téléréalité, estime que Claude, vainqueur des votes d’après ce que l’on a pu voir sur TF1 après avoir entendu qu’ils étaient invalidés, pourrait porter l’affaire en justice et réclamer son dû, les 100 000 euros. Il estime qu’avoir invalidé le dépouillement est à la fois illégal et discriminatoire. “Il pourrait très bien s’opposer à cette sanction aux prud’hommes et au pénal.”

En effet, en 2011, la Cour d’appel de Versailles, suivie par celle de Montpellier l’année suivante, a rendu plusieurs arrêts requalifiant la prestation de participants dans Koh-Lanta, émission de téléréalité, en contrat de travail. ALP avait alors dû verser des milliers d’euros à des participants s’estimant lésés. Or, un contrat de travail prévaut sur un code d’honneur, fut-il celui de Koh-Lanta qui impose un comportement loyal, souligne Jérémie Assous. L’avocat pointe, comme il le fait depuis une dizaine d’années maintenant, le non-respect de la législation du travail imposé aux participants. “On ne peut pas faire travailler un salarié 24 heures sur 24 ni le priver de nourriture en dehors des heures de travail, quel que soit le consentement des candidats. C’est interdit d’organiser de telles conditions de travail”, confie-t-il au Parisien. Il en va ainsi pour Claude mais aussi pour Teheiura dont il juge l’exclusion “totalement illégale”.

La production dit être droite dans ses bottes. Elle assume sa décision qu’elle qualifie de parfaitement légale et conformes aux valeurs et au code d’honneur de Koh-Lanta. À ses yeux, il n’y a pas de rupture de contrat.

Cependant, Claude ne semble pas décidé à contester la tournure des événements. Dans un long post sur Instagram, il dit être "ni triste ni déçu de ne pas avoir le titre". “La vérité sur nos actes, vos croyances, je vous laisse vous les faire. Je ne participe pas à une aventure sportive et humaine pour la polémique, la lumière ou faire le buzz.” Il ajoute qu’il est très heureux que les 100 000 euros soient allés au fonds Bertrand-Kamal. “Toute cette histoire aboutit sur une bonne action et ce sera mon mot de la fin.”