Télévision Marie-Anne Chazel est épatante dans le téléfilm de Nicolas Guicheteau.

À Lisieux, ville où le sacré est partout, les sœurs du carmel attendent avec impatience le retour du gisant de Sainte Thérèse, qui vient d’être restauré. Tandis qu’elles prient avec ferveur, deux religieuses croient même la voir bouger. Mais il n’en est rien : c’est simplement le cadavre dissimulé par-dessous qui n’est pas très stable… Dépêché sur place, le commandant Thomas Renaud (Joffrey Platel) va devoir faire équipe avec… Sœur Angèle, qui cache quelques secrets sous sa robe de nonne. "Je joue une onne sœur, c’est un truc de ouf", nous confiait Marie-Anne Chazel il y a quelques semaines lors de sa venue à Bruxelles pour présenter la pièce Tant qu’il y a de l’amour. "Je joue une carmélite dans son univers de prières et qui mène une enquête parallèlement. Mais elle est vraiment hors de tout et hors du monde. Ce n’est pas un rôle drôle du tout. Depuis Le mystère du lac où j’ai interprété une Alzheimer, j’ai enfin la possibilité de jeux sombres et différents."

L’ex-Bronzée est en effet connue pour ses rôles comiques mythiques… "Il est très compliqué de lutter contre des personnages que les gens se sont appropriés", poursuit l’ancienne membre du Splendid aujourd’hui âgée de 67 ans. "Ils se sont approprié Josette (alias Zézette dans Le Père Noël est une ordure, NdlR), Gigi (Les Bronzés, NdlR) et Dame Ginette (Les Visiteurs, NdlR). Des débiles ou des cinglées en gros (sourire) ! En France, on est vite catégorisé. Les autres rôles, il faut donc arriver à les imposer. Et j’y arrive, car je les fais comme ici. Et j’y prends beaucoup de plaisir, car ils me donnent une autre coloration."

Si l’érudite Marie-Anne Chazel est plus connue pour ses rôles "de la débile et de la cinglée" comme elle dit si bien, c’est parce que c’est sa "soupape". "C’est mon Dr Jekyll et M. Hyde, j’ai fait ce métier pour être quelqu’un d’autre que moi. J’adore me déguiser et être un personnage que je ne suis pas dans la vie. Mes personnages sont souvent des victimes rayonnantes. Des victimes qui se battent, qui luttent et sont positives dans le sens où elles ne se voient pas comme des victimes. Elles ne se plaignent pas et s’en sortent toujours." Sous le voile de sœur Angèle, en tout cas, elle nous a bluffés !