“Le coronavirus a impacté l’opération de solidarité par le fait qu’il y a forcément eu moins d’événements autour, concède Anne-Laure Macq, responsable communication de Cap 48. Mais je ne pense pas qu’il y aura moins de dons. Je crois vraiment que dans les périodes compliquées, les gens ont le besoin d’être solidaires. Je pense qu’on doit faire de cette année, une année de solidarité.”

L’ancienne des Pigeons sur la RTBF, rappelant aussi le parcours d’Elia qui a dû se faire amputer suite au Covid à 18 ans, s’explique. “Si on y arrive, 2020 ne sera pas un tableau complètement noir. Il y aura cette lueur d’espoir, de chaleur et d’humanité dont on aura tous besoin. On a tous été en bulle, encore aujourd’hui, mais on a jamais eu autant besoin de se retrouver. Depuis le confinement, on a senti ce potentiel solidaire et la volonté des gens de se mobiliser. On ne parle donc pas de record (6, 4 millions d’euros récoltés en 2019, NdlR.) mais on espère que ce compteur grimpera le plus haut possible !”

Pour faire un don (60 % déductibles fiscalement jusqu’au 31/12, soit un don de 100 euros n’en coûte que 40), cap sur Cap48.be.

"Pour moi, tout le monde a une jambe en moins!"

Une des missions de Cap 48 est de changer le regard de la société sur le handicap, insiste Anne-Laure Macq au sujet du parcours inspirant d’Anais. Compliqué car le handicap reste la deuxième cause de discrimination en Belgique.” Elle rappelle aussi que 80 % du handicap survient en cours de vie. “Ça veut dire que nos vies peuvent basculer du jour au lendemain et ce jour-là, on sera content d’avoir un encadrement, des associations ou des coachs handisport dans les hôpitaux pour la revalidation. Car comme Anais le dit, c’est la danse qui lui a permis de dépasser son handicap, de retrouver une place dans la société et de se sentir belle. Elle s’est réapproprié son corps.”

Et ce n’est pas celle qui s’amuse même à faire des blagues avec sa prothèse en vacances, qui va dire le contraire. “Il est facile de dire que ça va aller, tu vas t’en sortir mais si on n’a pas des gens derrière nous ni un objectif dans la vie, ce n’est pas possible. Ça n’a pas été facile tous les jours mais je suis contente de pouvoir montrer cette force, ce courage. Je sais qu’il y a des personnes enfermées chez elles et je suis fière de montrer que ma vie est ordinaire. Car, finalement je vis comme tout le monde, comme si je n’avais pas cette prothèse. Donc, pour moi, tout le monde a une jambe en moins (rire). Je marche, je cours et je danse comme les autres. On oublie tous qu’il me manque une jambe.”

© Didier Bauweraerts