Surnommé "Le roi des trains, le train des rois", il défie le temps qui passe pour qui peut se l’offrir. 

Il est des noms qui sont, à eux seuls, une invitation au voyage : Tahiti, Bali, le Machu Picchu, Venise ou encore le Grand Canyon. Il en va de même pour les trains, en tout cas certains d’entre eux qui sont devenus légendaires. On pense au Glacier Express, en Suisse, au Caledonian Sleeper, en Écosse, au California Zephyr, aux États-Unis et, bien sûr au Transsibérien reliant Moscou à Vladivostok. Mais il en est encore un qui a acquis un statut mythique, de par la révolution qu’il représentait en Europe (des voitures dotées de lits), de par le luxe qu’il offrait et sa mise en scène dans des livres d’Agatha Christtie. Il s’agit de l’Orient-Express.

Inauguré en 1883 par la Compagnie internationale des wagons-lits fondée par le Belge Georges Nagelmackers sept ans plus tôt, l’Orient-Express relie initialement Paris et Vienne sous le nom de "Train éclair", avant de pousser, le succès aidant, jusqu’à Istanbul alors appelée Constantinople. Soit 1547 km parcourus en moins de quatre jours, là où les bateaux mettaient une quinzaine de jours. En 1894, a aussi été inauguré le Ostende-Vienne-Orient-Express et différentes autres déclinaisons ont vu le jour, dont un nouveau trajet imposé suite à la Première Guerre mondiale, passant par le tunnel du Simplon, entre la Suisse et l’Italie, et prolongé jusqu’à Londres à l’heure où le tunnel sous la Manche n’est encore qu’un fantasme. Pour la petite histoire, c’est dans un wagon de l’Orient-Express, le matricule 2418, qu’a été signé l’Armistice.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Orient-Express a progressivement perdu de son aura, de par le découpage géopolitique issu du conflit et la concurrence de moyens de transport plus rapides. Le 20 mai 1977, il a effectué son dernier aller-retour Paris-Istanbul. Et le 20 décembre 2009, son ultime départ depuis la gare de l’Est, toujours Paris.

La marque n’a cependant pas disparu bien longtemps. En 2011, la SNCF l’a acquise avec la ferme intention de redonner vie à la légende. Elle dispose d’un train de sept voitures, dont certaines sont classées monuments historiques. L’entreprise n’est pas la seule sur le coup. Au milieu des années 70, Belmont, qui a rejoint le groupe LVMH l’an dernier, a aussi mis la main sur une série de wagons de ce monument de l’histoire et propose depuis 1982, des expériences exceptionnelles mais à un prix qui l’est tout autant. Pour relier Paris depuis Istanbul, soit six jours et cinq nuits, dont trois à bord, comptez près de 39000 euros. Pas de quoi dissuader tout le monde puisque le départ annoncé pour le 4 septembre affiche complet.