Depuis ce mercredi après-midi, la télévision est en deuil. A 71 ans, Jean-Pierre Pernaut est décédé des suites de son cancer du poumon. Une triste nouvelle qui a fait couler beaucoup de larmes chez les téléspectateurs qu'il accompagnait quotidiennement, pendant ou juste après le déjeuner dans le 13 heures de TF1, un JT qu'il a présenté pendant 33 ans. Le journaliste faisait en quelque sorte partie de la famille. 

Pour le premier 13 heures d'après sa disparition, TF1 a donc décidé de rendre hommage au grand homme qu'était Jean-Pierre Pernaut et surtout à son amour pour les régions. C'est d'ailleurs avec surprise que le JT s'ouvre avec un "Mesdames et Messieurs, bonjour" de Jean-Pierre Pernaut. Comme s'il était toujours là. Jacques Legros prend le relais et lance cette édition en grande partie dédiée à son ancien collègue. "La disparition de Jean-Pierre Pernaut nous a tous choqués", dit-il. "Il était votre convive chaque jour à 13 heures."


Jean-Pierre Pernaut, c'était l'amour de la France profonde et l'envie de mettre cette dernière en lumière. Les caméras du 13 heures emmènent donc les téléspectateurs au marché de Villandraut, en Gironde, afin de prendre le pouls des Français après cette terrible nouvelle. "C'est quelqu'un qui faisait partie de notre vie depuis plus de trente ans","Jean-Pierre Pernaut, c'est quelqu'un qui comptait", "Il savait nous redorer le blason", peut-on entendre dans les allées du marché, ce jeudi matin.  

Invité de cette édition pour parler de la guerre en Ukraine et de la pandémie, Jean Castex, le premier ministre français, ne cache pas son émotion face au décès du présentateur JT. "J'ai voulu venir à ce 13 heures de TF1", commence-t-il. "Jean-Pierre Pernaut, comme la plupart des Français, je ne le connaissais pas personnellement. Mais, il était rentré dans nos coeurs. C'était plus qu'un JT, c'était une fenêtre ouverte sur la France dans sa diversité." Il continue: "Il avait aussi une forme d'humanité. (...) C'était quelqu'un de très exigeant qui travaillait beaucoup. (...) Il savait parler de notre pays dans sa diversité. Je le dis comme je le pense."


Les caméras se posent ensuite à Amiens, ville natale de Jean-Pierre Pernaut, là où se trouve, selon lui, "la plus belle cathérale du monde". "Il va nous manquer", "C'est un père pour nous, on est né avec", confient les habitants dans le centre-ville. Escale ensuite à la rédaction du Courrier Picard, journal régional où il avait réalisé ses stages avant de devenir la vedette de télévision que l'on connait. 

La force de Jean-Pierre Pernaut, c'est également d'avoir réussi à créer un réseau de correspondants régionaux, ce qui n'existait pas encore à l'époque en France. Aux quatre coins du pays, chacun d'entre eux a une histoire avec le présentateur. Ensemble, ils formaient une grande famille, comme il aimait le rappeler. Plusieurs correspondants lui ont rendu hommage pendant cette édition de la mi-journée. Parmi eux, Patrice Roubaud, correspondant en Corse qui n'a pas pu cacher son émotion. Le journaliste se souvient de ces moments d'avant-JT où il dégustait des fromages corses aux côtés du présentateur. "Ti ringrazio JP", dit-il à la caméra avant de laisser place à des chants corses. 


Pendant le JT, Jacques Legros est également revenu sur la faculté de Jean-Pierre Pernaut à s'adresser à un jeune public. "Je me souviens du jour où il a ouvert le JT avec un téléphone portable en main pour dire qu'il écrivait des messages comme les jeunes", dit une jeune femme. Ses rubriques "SOS Villages" et "La semaine de l'emploi" ont également été mises en lumière avec, à chaque fois, des intervenants venus témoigner des bienfaits des initiatives du journaliste. 

A côté du journalisme et des régions, Jean-Pierre Pernaut affectionnait particulièrement le sport automobile et le théâtre. "C'était un passionné. Il se débrouillait bien", se rappelle Sébastien Loeb, pilote de rallye français qui avait déjà eu l'occasion d'être interviewé sur le plateau du 13 heures.    

 

Comme lors du 20 heures de ce mercredi soir, le journal de la mi-journée se clôture avec les derniers mots de Jean-Pierre Pernaut lors de son ultime JT sur TF1, le 18 décembre 2020.