Télévision Selon le professeur de l’UCL spécialisé dans l’économie des médias, Frédéric Antoine, les plateformes vont entraîner de profonds changements "dans 10, 15 ou 20 ans".

Les nouveaux concurrents de Netflix ne sont attendus sur le marché de la SVOD qu’à la fin de l’année, au plus tôt, mais le grand public a manifestement déjà anticipé leur arrivée et commencé à adapter ses habitudes de consommation des fictions. Dans les salles de cinéma, en dépit d’un nombre record de blockbusters au-delà de la barre mythique du milliard de dollars au box-office, les recettes mondiales ont chuté de 6 % en 2019. Une courbe rentrante dont souffrent aussi les télévisions. D’après Le Monde, en France, "chaque soir durant la saison 2018-2019, 900 000 téléspectateurs manquaient à l’appel devant le petit écran". La tendance à la baisse est claire.

"Avec ces plateformes, les enjeux se situent au niveau planétaire", explique Frédéric Antoine, professeur à l’Université catholique de Louvain, spécialisé dans l’économie des médias, des audiences et de la sociologie de la radio-télévision. "La question est complexe, car elle implique à la fois l’investissement direct des ménages vis-à-vis des médias d’une part et de l’autre les conséquences d’une baisse d’audience des télévisions généralistes actuelles, et ceci indépendamment de l’écrémage qui obligera rapidement le marché des plateformes à se rationaliser par une logique de monopole ou d’oligopole. L’impact le plus direct va évidemment concerner la télévision à péage, qui risque de disparaître si elle ne se glisse pas dans le créneau des plateformes. Ce sont les abonnés de ces chaînes ou bouquets qui risquent de choisir plutôt une ou des plateformes. C’est assez normal : les plateformes sont, en fait, les héritières du format de la pay-tv, et du pay-per-view. Mais elles proposent un accès plus large et plus souple à leur stock de programmes. D’ailleurs, on voit qu’en France, Canal + s’adapte à cette nouvelle réalité et négocie un accord avec Netflix. Pour éviter de disparaître, les opérateurs ont intérêt à trouver ce type d’arrangement ou, mais c’est assez rare, à se regrouper dans leur propre plateforme."

Les télés gratuites ont aussi désormais une offre digitale…

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