Ce soir à la télévision: "Waterloo, la dernière bataille". À Waterloo, Napoléon a joué quitte ou double mais il n’est pas parvenu à briser la coalition dressée contre lui.

Dimanche 18 juin 1815. Il est 17 h 00 lorsque la roue tourne pour Napoléon. Alors qu’il était sur le point de défaire les alliés menés par Wellington et de renvoyer l’Anglais chez lui, l’empereur français est contraint de disperser ses forces pour faire face à l’arrivée inattendue des troupes de Blücher. Deux heures plus tard, la messe est dite. La panique gagne les rangs des Français, le stratège Bonaparte est vaincu. C’en est fini de l’ogre honni par les Britanniques, les Allemands, les Prussiens, les Néerlandais coalisés. Sur le champ de bataille gisent quelque 11000 morts et 35 000 blessés, sans compter 10 000 chevaux sacrifiés. Une boucherie. D’ailleurs, en quelques jours seulement, la campagne de Belgique a fait plus de victimes que les campagnes de Russie et d’Allemagne qui se sont pourtant étalées sur des semaines entières. Et encore, ce ne sont là que les victimes tombées le jour même…

Que n’a-t-on déjà pas dit sur la bataille de Waterloo, sur les raisons qui ont conduit à la défaite de Napoléon, tyran sanguinaire pour les uns, génie pour les autres. Pourtant, plus de deux siècles plus tard, il reste des points d’interrogation. Pourquoi l’empereur a-t-il failli ? Est-ce la faute de Grouchy qui n’a pas su - pu ? - tenir les Prussiens à l’écart ? Celle du Maréchal Ney qui a stupidement engagé la cavalerie française sans aucun soutien d’artillerie et d’infanterie ? La météo a-t-elle joué un rôle prépondérant en rendant le terrain si boueux que la si redoutée artillerie française n’a pas été aussi efficace que par le passé. Le talent militaire de Napoléon n’était-il plus le même ? A-t-il négligé des principes de base pourtant à l’origine de ses plus prestigieuses victoires ? Ou, tout simplement, la rage de vaincre n’était-elle plus la même qu’auparavant ?

Ce sont toutes ces questions et bien d’autres encore qu’analyse Waterloo, l’ultime bataille en décrivant, pour les deux camps, les forces en présence, leur état d’esprit, la configuration du champ de bataille à l’exiguïté extrême, les stratégies, les ordres donnés, ceux reçus et les décisions prises. Sans oublier le sort tragique de ces milliers de combattants tués ou, pire encore, en tout cas pour l’époque, blessés et donc handicapés à vie.

Waterloo, morne plaine ? On voit bien que Victor Hugo n’y était pas le 18 juin 1815…