Plop, Boumba, Vic le Viking, Maya, Mega Mindy et les autres partent à la conquête de la francophonie : Studio 100 TV déboule, gratuitement, sur Proximus TV. Explications…

Un bâtiment indus’tout ce qu’il y a de plus commun, le long de la A12, passé le Carré, Duvel et à un jet de pierre de la plaine de Tomorrowland. De dehors, tout à l’air calme et plutôt ennuyeux. Une fois dedans, en revanche, ça pétille façon ruche pleine de couleurs. Bienvenue à Schelle. "Ou plutôt Schellywood, comme on dit chez nous", lance Hans Verwimp, directeur marketing de Studio 100. Studio quoi ? Studio Honderd, Messieurs Dames. Rien de moins que l’entreprise de divertissement médiatique belge la plus puissante de notre ère. Notre vlaamse Disney.

C’est ici, à 20 kilomètres de Bruxelles à peine que, depuis 20 ans, dans la méconnaissance (voire l’indifférence) de bon nombre de Wallons, le lutin Plop, Samson et Gert, Boumba, Maya l’abeille, les K3, Pat le Pirate, Heidi, Vic le Viking, Mega Mindy et bien d’autres prennent forme, vie et voix. Doublages, séries live : tout est réalisé ici-même, non loin d’Anvers. L’animation 3D, elle, est réalisée à Paris ou Sydney, tandis que Munich se charge de donner une tonalité de multinationale à ce fleuron belgo-belge.

Empire du divertissement bien de chez nous, Studio 100 a été fondé le trio Gert Verhulst (le Gert des débuts de Samson et Gert), Hans Bourlon (producteur, essentiellement) et Danny Verbiest. Ce dernier, en 2008, a fait un pas de côté, revendant ses parts (33 % de l’entreprise) à Fortis Private Equity Belgique, seule entité extérieure à détenir une partie de l’entreprise - qui n’est pas cotée en Bourse.

Studio 100, depuis, est devenu une machine de guerre "qui diffuse ses créations dans quelque 170 pays, et une soixantaine de langues" , reprend Hans Verwimp . Si elle est aujourd’hui à la tête de parcs d’attractions, de shows live, d’applis, d’une maison d’édition qui imprime ses propres livres pour enfants, d’une entité merchandising imposante (quelque 150 produits sortent chaque année !), si elle vend encore des CD’s par palettes, qu’elle produit des films (4 millions d’entrées pour le dernier Maya L’abeille, avec Jenifer qui prêtait sa voix à la bourdonnante héroïne) et des séries live comme (Lolly, Rox, Anubis,…) ; le core-business de Studio 100 reste la télévision.

Depuis 2008, Studio 100 TV fait ainsi le bonheur des petits néerlandophones du pays (entre autres), puisque la chaîne, diffusant non-stop les créations Studio 100, est relayée par Telenet.

Mais après avoir conquis une partie non-négligeable du monde, c’est vers son pays natal que Studio 100 veut se rouvrir. Et après la Flandre, fondatrice de son Empire, c’est la Wallonie qu’elle vise ! Studio 100 TV débarquera ainsi, dès demain 1er juin, dans l’offre de base (entendez par là pour tous les clients, nul besoin d’adhérer à un bouquet) des chaînes de Proximus TV. En français, évidemment ! Chez l’opérateur, on se dit "fier de promouvoir des héros qui partagent des valeurs d’entraide, d’enfance, de non-violence et de partage de notre marque."

Concrètement, Studio 100 TV s’installera sur le canal 143 des décodeurs Proximus TV sis en Wallonie et à Bruxelles (les francophones vivant en Flandre n’y auront malheureusement pas accès). Jusqu’à 15h30, la chaîne programmera des rediffusions. Et dès 15h30, tous les jours de la semaine, place à de nouveaux épisodes, jusqu’à 18 h.

"Il y a deux canaux par lesquels le public francophone nous connaît. Déjà, nos productions sont diffusées sur Club RTL. Puis, surtout, il y a nos parcs d’attraction. En plus de Plopsa Coo, situé en Wallonie, Plopsaland De Panne accueille également énormément de francophones, et a permis de faire entrer nos personnages dans la vie de petits wallons. Studio 100 TV, en français, est la suite logique pour nous."

Hans Verwimp ne s’inquiète guère de l’identité trop flamande de certaines productions Studio 100 : "si nécessaire, nos séries peuvent être partiellement réécrites. Prenez l’exemple d’Anubis : elle est née, mais a été diffusée par Nickolodeon USA et Royaume-Uni en étant légèrement adaptée." Il reste encore de la marge avant de voir des petits Hutois fredonner "Mega Miiindy" , cartable Vic le Viking sur le dos, mais à Studio 100, les 190 employés de Schellywood en sont persuadés : "nos personnages et nos valeurs sont universels !"


K3, un succès phénoménal invraisemblable en francophonie

Pour prendre la mesure de ce que Studio 100 a créé, un exemple parmi d’autres est particulièrement éloquent : l’histoire de K3. D’un point de vue francophone, ce groupe musical est au mieux inconnu, au pire repoussé dans la catégorie des ringardises kitsch. Il fait pourtant l’objet d’un engouement inouï, inédit pour le public francophone, peu importe l’œuvre. C’est simple : K3, c’est le succès de La reine des Neiges, au carré, sur une zone géographique rikiki (la Flandre et les Pays-Bas).

C’est en 1999 que les K3 (pour ls premières lettres des prénoms de Kathleen (la blonde), Kristel (la brune) et Karen (la rousse) voient le jour. Toutes belges, elles sont une espèce d’ersatz de Spice Girls, sauce moins trashy. Initialement destinées à séduire les adolescentes, rapidement, elles font mouche, avec leurs rythmes pop mainstream et leurs textes simples, mais auprès d’un public plus large que celui visé initialement.

La suite ? Une montagne de succès. Les albums des K3 se sont vendus à plus de 5,5 millions d’exemplaires et, croyez-le ou non, le groupe détient le record de la plus longue série de titres n°1 en Belgique, au grand dam des Beatles !

Si la Flandre s’était émue du départ de la blonde Kathleen en 2009, remplacée par Josje, l’engouement n’a rien de comparable avec ce qui vient de se produire en novembre 2015. Désireuses de passer le flambeau, les K3 originelles ont trouvé leurs nouvelles incarnations au gré d’une émission de téléréalité diffusée sur VTM et aux Pays-Bas, intitulée K3 zoekt K3. Au total, 4 millions de personnes ont suivi ce programme, qui a écrasé The Voice Vlaanderen !

Depuis, les nouvelles K3 (Marthe, Klaasje et Hanne), fortes de l’expertise de Studio 100 en matière d’événements live, ont entamé une tournée de 80 dates en Belgique et aux Pays Bas. "Toutes sont sold-out", note Hans Verwimp. "Généralement, une bonne tournée des K3, c’est 250.000 personnes. Là, nous dépassons les 460.000. L’engouement est incroyable. On a même dû créer la robe des K3, taille adulte ! Qui plus est, nous avons lancé les K3 en série animée en 2D. Je rêve qu’elles connaissent également le succès en Wallonie…" Une petite dernière pour la route : le nouvel album des K3 est plus vendu au Benelux que le célèbre album 25 d’Adèle. Ongelooflijk !