Ce dimanche, Bernard Tapie s'est éteint à l'âge de 78 ans. Rongé par un cancer depuis de longues années, il a finalement perdu son combat contre la maladie. En France, cette nouvelle a suscité une vive émotion. Normal pour cet homme touche-à-tout qui a brillé aussi bien en tant que directeur d'entreprises, homme politique ou encore comme dirigeant de l'Olympique de Marseille.

Sur CNews, la chaîne d'info en continu n'a pas hésité à dédier une émission spéciale à la suite de cette triste nouvelle. Joint par téléphone, le fils de Bernard Tapie n'a pas pu s'empêcher d'adresser un tacle appuyé aux médias. Selon lui, son père n'a pas toujours été traité de manière équitable par la presse.

"Pendant 28 ans, vous les médias, vous avez dit des bêtises. On a dû rectifier des mensonges pendant toutes ces années", commence-t-il. "Maintenant qu’il est mort, j’aimerais que vous en disiez moins. Faites une vérification des faits que vous donnez."

Laurent Tapie a ensuite pris à partie un journaliste de la chaîne. "Certainement ne pensait-il pas à mal. Mais lorsque votre collègue explique que mon père a repris Manufrance et que cela s’est mal terminé, il suffit de taper son nom sur Google pour trouver une interview où il explique qu’il n’a pas pu reprendre cette entreprise."

Durant son interview, Laurent Tapie a tenu à donner sa vérité. "Mon père a proposé un plan social au maire communiste et à la société pour sauver l’entreprise. Ce plan a été refusé et 2000 emplois ont été perdus. Je tiens à le dire." Il est ensuite revenu sur le journaliste en question. "Au milieu de ces hommages et de ces reportages, votre collègue n’a pas pu s’empêcher de dire: ‘ah mais il y a aussi le Bernard Tapie qui licenciait les gens’. Maintenant qu’il est mort, je veux que les gens comprennent une bonne fois pour toutes. Les emplois supprimés étaient perdus. Après 28 ans, allez-vous enfin comprendre cela? Les entreprises qu’il rachetait étaient mortes ! Lorsqu’il reprend une boîte qui perdait 300 postes sur mille, il y avait 700 emplois de sauvés. Il a sauvé des milliers d’emplois. Lorsqu’un chirurgien vous coupe une jambe, vous ne vous attardez pas sur la jambe coupée. Il vous a sauvé la vie. Et j’espère qu’enfin vous arrêterez de débiter des conneries à l’antenne."

Après ce cri du coeur, l'animatrice Sonia Mabrouk a réagi avec beaucoup de calme et de professionnalisme. "J'entends bien votre colère et votre émission", a répondu la journaliste. “Je suis à 1.000 pour 1.000 d’accord avec vous. Je conteste simplement, et sans rien dénigrer du travail de mes confrères et consœurs pendant des années, le fait que vous essentialisez le travail des journalistes. Simplement vous dire, l’émotion et l’admiration évidemment pour votre père. Sans rien occulter à la fois des années politiques, des problèmes judiciaires. Nous retenons, et c’est ça le plus important, le panache français et le combat, jusqu’au bout” a-t-elle terminé.