Cela fait longtemps que les biopics sont devenus un exercice incontournable qui a envahi les écrans, petits comme grands. Rarement, cependant, il y en a eu autant, que ce soit à l’affiche (avant la crise sanitaire bien évidemment), en préparation ou annoncés. Pour les 24 mois à venir, si le coronavirus ne continue pas d’inlassablement rebattre les cartes et déjouer les plannings, on n’en compte pas moins de douze supposés débarquer.

Réalisé sous la baguette de Martin Bourboulon (Papa ou maman 1 et 2), Eiffel s’attaquera à la vie du Gustave du même nom, créateur d’emblématiques œuvres à la française telles que la statue de la liberté, des ponts par dizaines aux quatre coins du monde et, bien entendu, la Tour Eiffel qui domine Paris. C’est Romain Duris qui doit incarner l’audacieux ingénieur.

Annoncé sous le titre Spencer, un biopic consacré à Lady Di se concentrera sur le week-end qui a tout fait basculer, à savoir celui de 1991 lors duquel la princesse a décidé qu’il était temps de mettre un terme à son mariage avec le prince Charles. Une sacrée épine dans le pied de la monarchie britannique qui espère voir le film sortir le plus tard possible (il est prévu pour 2022), histoire de gommer les conséquences du Megxit et de la tout aussi douloureuse affaire de l’interview de Meghan et Harry accordée à Oprah Winfrey.

Simone Veil et le couturier Gucci, eux aussi auront droit à leur biopoc. Le premier tourné par Olivier Dahan, un habitué du genre puisqu’on lui doit La Môme (Édith Piaf) et Grace de Monaco, le second avec à l’affiche une certaine Lady Gaga dirigée par Ridley Scott.

Mais le gros du contingent fera revivre à l’écran les monstres sacrés de la chanson et du rock. À commencer par Céline Dion dont le destin a librement inspiré Aline qui verra Valérie Lemercier incarner la star canadienne de ses 8 à ses 50 ans. Les premières images dévoilées sont bluffantes. Le défi est pourtant de taille tant l’interprète qui a mis Las Vegas à ses pieds est un personnage.

Il convient d’ailleurs de souligner que l’exercice du biopic est toujours un pari à haut risque. Il est révolu le temps où l’on déroulait chronologiquement, sans surprise, la vie de X ou de Y. À l’instar de Love&Mercy racontant le destin de Brian Wilson, les réalisateurs sont désormais tenus à trouver l’idée de génie. Une mission dont Bill Pohlad s’est acquitté avec brio quand il s’est attaqué à la tête pensante des Beach Boys. Il a délibérément décidé de se focaliser sur deux visages de l’artiste, évoquant d’une part sa période ultra-créative durant laquelle il tenait la dragée haute aux Beatles, avec l’incroyable album Pet Sounds de 1966 par exemple, et d’autre part sa descente aux enfers à la fin de cette même décennie. Piégé par son père, expulsé des Beach Boys, il enchaîne alors les dépressions, squatte les ailes psychiatriques des hôpitaux et, lui, le “Mozart pop-rock” comme l’avait surnommée la presse musicale des Sixties, finira misérable gérant de magasin d’alimentation diététique avant, heureusement de renaître (un peu) de ses cendres…

Parmi les autres biographies filmées marquantes de ces dernières années, il faut également souligner l’incroyable interprétation de Freddie Mercury par Rami Malek dans Bohemian Rhapsody qui lui a valu un Oscar, un Golden Globe et bien d’autres récompenses. Tout comme il serait injuste de ne pas citer l’excellent Rocketman de Dexter Flechter dédié à la vie du fantasque Elton John. Là aussi une prouesse du genre.

C’est dire la pression qui repose sur les épaules de Kenneth Branagh qui s’attaque aux Bee Gees et l’attente qui entoure des projets comme Stardust mettant en scène le génie du David Bowie de l’époque Ziggy Stardust, et Respect consacré à Aretha Franklin. On peut en dire autant du défi qu’Anne Fontaine (Coco avant Chanel) et Pierre Trividic se sont lancés en voulant porter à l’écran la biographie de Maurice Ravel. Et du projet concernant le monumental Johnny Hallyday initié par Jalil Lespert, le nouveau compagnon de Laeticia Hallyday. Sans compter le King Elvis, Presley de son nom, qui aura aussi droit à sa résurrection sur pellicule avec un sulfureux colonel Parker campé par Tom Hanks.