C'est un avis de très grosse tempête qui touche Pierre Ménès suite à la diffusion dimanche, sur Canal +, du documentaire Je ne suis pas une salope de Marie Portolano. Consacré à la problématique du sexisme dans le milieu journalistique sportif, le film a été amputé de plusieurs séquences selon le site Les Jours. Une information confirmée par Le Parisien.
Le passage qui a provoqué la tempête date du 28 août 2016, sur le plateau du Canal Football Club, lorsque, hors caméra mais sur le plateau, le consultant aurait soulevé la jupe de la réalisatrice en lui touchant les fesses. Ni l’intéressé ni la chaîne n’ont à cette heure manifesté la moindre réaction alors que la polémique ne cesse d’enfler sur les réseaux sociaux.

 "Tes lunettes de secrétaire perverse"

Suite à cette diffusion, une autre accusation et différents faits et propos ont été exhumés. Selon Le Monde, une vidéo montre le consultant sportif embrasser la chanteuse et chroniqueuse Francesca Antoniotti à l’occasion de l’émission Touche pas à mon sport, en 2016. Cinq ans plus tôt, il a fait de même, face caméra, avec la journaliste Isabelle Moreau à l’occasion de la centième du Canal Football Club.


Ces faits et accusations viennent s’ajouter à d’autres déjà révélés par le passé, qu’il s’agisse de sexisme ou de racisme.

Toujours dans la foulée de la diffusion du documentaire sur Canal +, un tweet de 2017 a refait surface. Pierre Ménès l’adresse à Marie Portolano et lui demande “tu mets tes lunettes de secrétaire perverse demain ?”, le tout ponctué d’un cœur et d’un clin d’œil.

"Des grosses dondons trop moches"

En 2013, dans le cadre d’un dossier de L’Équipe à l’occasion de la journée internationale des femmes (“A-t-on besoin de l’égalité homme-femme dans le sport ?”), il avait déclaré : “Le foot, c’est quand même un sport de mecs […] et pour voir une gonzesse dunker au basket, il faut se lever tôt”. Ou encore qualifié les sportives de “grosses dondons trop moches pour aller en boîte le samedi soir”. Des paroles épinglées par Libération et dénoncées par Les Dégommeuses, une équipe de football majoritairement composée de lesbiennes et de personnes trans qui œuvre contre les discriminations dans le sport et par le sport.

Sur Twitter, une personne travaillant sur une émission à laquelle Pierre Ménès a participé en 2019, avait aussi raconté à l’époque comment elle avait été prise à partie par le journaliste. En pleine émission il lui aurait lancé “Hey, t’es en cuir toi. T’es une salope”. Une fois ses propos dénoncés les réseaux sociaux, il l’a bloquée et l'a menacée d’une plainte pour diffamation. Plainte qui ne s’est jamais concrétisée explique-t-elle dans un long thread sur Twitter dans lequel elle dit détenir une cassette VHS avec "l’incident" qui a été enregistré.


La même personne dénonce cependant les messages à caractère insultants qui foisonnent désormais sur les réseaux sociaux à propos du poids de Pierre Ménès, de sa vie personnelle et de sa maladie. “Cela s’appelle du harcèlement en ligne, c’est destructeur, injustifiable et c’est exactement le même procédé que ce que je dénonce dans mon premier tweet”, écrit-elle.


Le racisme anti-blanc

S’agissant de racisme, les propos ont été tenus sur CNews, en 2019. Pierre Ménès avait déclaré “Le vrai problème, en France, dans le football en tout cas, c’est le racisme anti-blanc. […] J’invite les gens à prendre leur voiture et aller faire le tour des matchs en région parisienne le week-end. […] Allez voir ces matchs-là et comptez les blancs sur le terrain en général il y a le gardien de but et l’arrière droit”. Largement critiqué, il avait présenté ses excuses via Twitter : “Je crois que je me suis très mal exprimé ou qu’on m’a très mal compris. Je suis contre toute forme, je dis bien toute forme, de racisme et il me semble l’avoir déjà prouvé à maintes reprises. Si j’ai pu blesser involontairement certain(e) s j’en suis profondément désolé.”


En 2010 cependant, il avait déjà brandi cette carte du racisme anti-blanc. C’était dans le cadre de la Coupe du monde en Afrique du Sud, à l’occasion de la pitoyable affaire dite de Knysna. Il avait à l’époque jugé que le vestiaire était miné par le racisme anti-blanc et que cela avait conduit au boycott du meneur de jeu des Bleus Yohan Gourcuff.

Décrié par beaucoup, Pierre Ménès a déjà fait l’objet de plusieurs pétition demandant à Canal + de se séparer de lui. Aucune n’a eu d’incidence jusqu’ici. Celles encore accessibles sur la Toile ont toutes été fermées avec de 20 à 40 signatures, pas plus.