Lorsque je me suis penchée sur le sujet de l’alcoolisme chez les femmes, j’ai été frappée par l’ampleur et l’augmentation du phénomène ces dernières années. De ce constat frappant que je faisais, naissait un très grand nombre de questions, qui seraient autant de balises sur mon chemin pour la réalisation de ce film : Pourquoi de plus en plus de femmes tombaient dans le piège de la dépendance ? Pourquoi ce piège était-il encore plus redoutable lorsqu’on était une femme ? Et qu’est-ce qui faisait la particularité de l’alcoolisme au féminin ?” Voilà ce que dit Marie-Christine Gambart, la réalisatrice de ce documentaire sobrement (sic) intitulé L’alcoolisme au féminin. On y voit des femmes témoigner à visage découvert de l’addiction qui, pour certaines, les a rongées pendant plusieurs décennies. Elles sont de tous les milieux, de tous les âges et ont en commun un démon : l’alcool. Toutes racontent la honte, la culpabilité, le manque. Toutes essaient de comprendre ce qui les a poussées à prendre le premier verre, puis le suivant, puis toutes les bouteilles qu’elles vont devoir cacher, les subterfuges qu’elles vont devoir trouver pour que l’entourage ne se doute de rien. Celles-là sont sobres aujourd’hui. Et c’est comme une renaissance.

Parler pour comprendre

D’autres, on ne voit que la bouche, les mains, aussi, qui en disent long. Elles parlent à une psychiatre addictologue, Fatma Bouvet de la Maisonneuve, qui commente au fur et à mesure, qui répond à leurs angoisses autant qu’à la caméra. Elle rassure, elle sourit, elle dit qu’elles ne sont pas seules. Tant s’en faut : on estime qu’en France, il y a entre 500 000 et 1,5 million de femmes qui ont une “consommation problématique d’alcool”.