Elles sont également confrontées à un plafond de verre et à des situations de sexisme, de discriminations et de violences. L'étude "Égalité de genre dans les métiers de l'audiovisuel" révèle que les femmes représentent en moyenne 36,08% du personnel dans le secteur (35,31% en termes d'équivalent temps plein). Elles sont encore moins nombreuses à accéder à des fonctions dirigeantes puisqu'elles ne représentent que 21% des administrateurs chez les 27 éditeurs de services de médias audiovisuels (SMA) analysés et 18,5% des "top managers" (22 hommes, pour cinq femmes).

Une ségrégation horizontale cantonne également les femmes dans certains métiers, ne constituant que 19,5% du personnel dans les métiers techniques. Elles représentent 33,8% des métiers de la production et 39% de la rédaction (journalisme et production de contenus).

Au sein du journalisme, les contenus sont répartis selon les genres, avec les femmes traitant davantage de matières sociétales, telles que la santé ou l'éducation, tandis que les hommes sont plus nombreux à couvrir les technologies, l'actualité nationale et internationale ou encore le sport.

Un tiers des répondantes à l'étude du CSA ont déjà été victimes de discriminations ou de harcèlement, contre 7% des hommes. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel relève en outre les difficultés, pour les femmes, à nommer et reconnaître les faits de sexisme, de discrimination et de violence dont elles font l'objet. Le nombre de victimes pourrait dès lors être plus élevé.

Concilier vie professionnelle et vie privée s'avère compliqué tant pour les hommes que les femmes mais ces dernières font face à des freins spécifiques, tels que la répartition inégale des tâches au sein du couple ou la maternité. Un quart des répondantes affirment qu'avoir des enfants les a pénalisées sur le plan professionnel, contre 7% des hommes sondés.

Si les constats sont communs à de nombreux secteurs professionnels, le CSA relève aussi des spécificités propres à l'audiovisuel comme les horaires atypiques, le recours aux emplois précaires ou la ségrégation horizontale.

L'étude du CSA se base sur l'analyse de 753 profils LinkedIn, 404 questionnaires complétés par des membres du personnel, 16 questionnaires complétés par des membres de la direction, 22 entretiens avec des femmes et une analyse des bilans sociaux des entreprises étudiées.

Le CSA émet plusieurs recommandations, au secteur - comme développer des crèches et garderies - mais aussi aux pouvoirs publics, qui devraient notamment intégrer les questions de genre et de discriminations à la formation des professionnels de l'audiovisuel.