Le groupe devrait recevoir 30 millions d’euros d’aide de la part de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La crise sanitaire n’aura épargné personne, pas même les chaînes de télévision privées qui ont vu leurs recettes publicitaires, seule source de revenus, chuter net. Pour RTL, ce ne sont pas moins de 40 millions d’euros qui se seraient envolés pendant cette période. Pour que le groupe sorte la tête hors de l’eau, le conseil d’administration de RTL Belgium a décidé de faire revenir la chaîne privée dans le giron de la Fédération Wallonie-Bruxelles et donc de redevenir belge quinze ans après avoir décidé d’exiler ses chaînes télé au Luxembourg, peut-on lire dans les colonnes de L’Écho.

Si RTL s’engage à maintenir l’emploi, la Fédération Wallonie-Bruxelles compte lui octroyer une aide financière qui, selon nos informations, s’élèverait à 30 millions d’euros étalés sur plusieurs années et à valider par l’Europe puisque c’est une aide d’État. Celle-ci s’ajouterait aux quelque 5 millions d’euros du plan d’aide aux médias élaboré par le gouvernement voici deux mois.

De nouvelles obligations

Redevenue belge, RTL devra se plier à la législation en vigueur chez nous et se soumettre aux règles du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel belge (CSA) et non plus de l’ALIA, son pendant luxembourgeois. “Tous les états européens doivent transposer la directive SMA dans leur législation. Tous peuvent donner des règles en plus à cette dernière. Le Grand-Duché du Luxembourg n’a pratiquement pas ajouté de règles, contrairement à la Communauté Française de Belgique. En matière de protection de mineurs, cette dernière interdit, par exemple, de diffuser de la publicité avant ou après les émissions pour enfants. Il y a aussi un plafond quotidien en termes de téléachat qu’il n’y a pas au Grand-Duché du Luxembourg. RTL va devoir appliquer ces règles qu’elles n’appliquaient pas jusqu’ici. Elle sera certainement soumise à un contrôle plus rigoureux que celui fait par le Grand-Duché jusqu’ici”, nous explique François Jongen, professeur en droit des médias à l’Université Catholique de Louvain.

Contrairement à la RTBF qui, en tant que média de service public, a un cahier de charges à respecter au niveau du contenu diffusé (les émissions qui mettent en avant le patrimoine belge, par exemple), RTL ne devrait pas avoir d’obligation en ce sens, “à moins qu’en contrepartie de la somme octroyée par la FWB, le gouvernement de la communauté française décide d’imposer certaines obligations”, ajoute-t-il. Selon nos informations, RTL maintiendrait son offre.

Contactée par nos soins, RTL s’est refusée à tout commentaire à ce sujet. Le groupe s'est exprimé ce mardi en fin de journée via un communiqué : "RTL Belgium et le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont convenu d’un protocole d’accord visant à permettre à RTL Belgium de faire face à l’impact que le COVID-19 a eu sur ses activités. Ce protocole est encore sujet à une approbation de l'Europe sur les aides d'Etat. RTL Belgium salue la volonté du Gouvernement d’œuvrer à préserver le pluralisme de l’information audiovisuelle en Communauté française, un pluralisme dont RTL a toujours été et reste le premier garant."