Marie Trintignant, disparue tragiquement sous les coups de Bertrand Cantat en 2003, était bien plus qu’une femme battue à mort. Malheureusement, sa fin tragique aura complètement éclipsé son travail d’actrice. Ces dernières années, le nom de la comédienne aura davantage été cité dans les rubriques "faits divers" des journaux que dans celles consacrées au cinéma. Pour réparer cette erreur et rendre justice à son talent, Sandrine Dumarais a réalisé un documentaire qui revient sur l’ensemble de son parcours d’actrice, aussi riche que varié.

Dans les yeux de son père

Le documentaire, qui sera diffusé le vendredi 29 avril à 20 h 30 sur La Trois, contient des images d’archives, des extraits de films mais aussi des témoignages inédits d’acteurs et réalisateurs (Pierre Salvadori, Irène Jacob, Didier Le Pécheur, Bernie Bonvoisin, Jean-Hugues Anglade, Rosalinde Deville) qui l’ont côtoyée de près. Mais aussi de son père, Jean-Louis Trintignant, qui nous parle de sa fille, le regard amusé, depuis sa maison d’Uzès, dans le Gard. Il raconte qu’à ses débuts, Marie Trintignant était très exigeante envers elle-même. Perfectionniste, elle avait du mal à comprendre pourquoi son père considérait le travail d’acteur comme un jeu. Alain Corneau, qui l’a dirigée dans Série Noire alors qu’elle n’était qu’une jeune adolescente, raconte d’ailleurs que jouer la comédie était presque douloureux pour Marie Trintignant qui ne parvenait pas à lâcher prise. Ce n’est que plus tard, aux côtés de Claude Chabrol, dans Une affaire de Femmes puis dans Betty, que le cinéma lui apportera finalement plaisir et décontraction.

Des rôles singuliers

Ses proches confient également que l’actrice choisissait ses rôles avec beaucoup d’attention, soucieuse de porter à l’écran des personnages de femmes fortes, sensibles, vulnérables, singulières. Qualifiée d’extrêmement talentueuse par ses pairs, Marie Trintignant s’essayait, et excellait dans tous les genres : humour, fantaisie, drame.

Au total, la comédienne se sera glissée dans la peau d’une cinquantaine de personnages au cinéma et aura joué dans plus d’une vingtaine de pièces au théâtre. Son entourage raconte que ses choix de carrière reflétaient son intelligence, son indépendance et son audace.