Télévision La première dauphine a déboursé 35.000 euros pour espérer décrocher la couronne ce samedi soir à La Panne.

"On est huit candidates de Flandre occidentale cette année, on a donc statistiquement une bonne chance de gagner !" C’étaient les mots de la future Miss Belgique Romanie Schotte, lors du voyage préparatif en Crète en octobre dernier. Et la jeune Brugeoise de 19 ans ne croyait pas si bien dire.

Il s’agit en effet de la première dauphine de Miss Flandre occidentale (alors que personne ne l’avait jamais citée comme favorite) qui a été sacrée reine de beauté tandis que la vraie Miss Flandre occidentale (Delphine Devos dont le nom n’a toutefois rien à voir avec la présidente du comité Darline Devos) a terminé seconde. Un comble ? "Non, elles n’ont juste pas le même portefeuille !" , balance une finaliste. "C’est une fille de famille riche."

On ne connaît pas le montant qu’aurait dépensé Romanie Schotte pour atteindre la plus haute marche du podium mais on peut facilement l’imaginer quand on sait que la première dauphine a ramené 140 supporters ce samedi soir. Soit 90 VIP à 300 € la place et 50 tickets normaux à 150 € pièce. Faites le calcul, notre première dauphine a déboursé ou vendu près de 35.000 euros juste pour la finale, sans compter ses dépenses pour l’élection elle-même (cfr. notre enquête exclusive de jeudi dernier sur dh.be : Devenir Miss Belgique, combien ça coûte ? ). "Qui plus est, dans une salle sold out de 1.200 places, ça fait un paquet d’argent au total !"

Une émission tournée en Flandre, présidée par une néerlandophone et dont les votes sont majoritairement flamands également (33 % par SMS, 33 % par la présidente et 33 % par un jury - dont un francophone habitué a même été mis de côté cette année - dirigé par cette même Darline). Pour une émission reléguée sur la chaîne néerlandophone Fox (disponible sur Telenet et Proximus TV) et AB3 en Wallonie. Deux chaînes qui totalisent à elles deux à peine 200.000 téléspectateurs d’audience. La faute au budget du show (150.000 euros sur AB3, de 250 à 300.000 sur RTL-TVI) et à des différends de sponsoring. La rumeur stipulant que RTL-TVI ne voulant plus diffuser ceux du concours, c’est donc AB3 qui a repris le flambeau. Une source proche de la chaîne nous a toutefois révélé que des clauses de leur contrat télé de cette année n’avaient pas non plus été respectées par le comité. Il n’est donc pas certain d’encore retrouver l’élection sur AB3 en 2018...

Top ou… flop. Dans le Top 20 (sur 30 finalistes), il ne restait déjà plus que six francophones sur les treize du départ. Quatre dans le Top 12 , deux dans le Top 6 et une seule sur le podium (idem dans le Top 5 SMS, une seule en dernière position). "Le comité n’élit pas de francophone car on n’a pas assez d’argent en Wallonie" , nous sussure un parent de finaliste. "La 2e dauphine, Eva Mira, est le lot de consolation pour les francophones nous a dit Darline Devos" , glisse une finaliste qui préfère rester anonyme vu les amendes (12.500 euros !) encourues si elle parle à la presse. "La présidente a mis Miss Liège sur le podium pour ne pas froisser le sud du pays et éviter un scandale de plus !"

"Tout tourne autour du pognon" , glisse une autre finaliste. "On ne pourra rien y changer, cela se passera toujours comme Madame Devos le veut !" Et pour cause, les deux premières places sont occupées par deux miss issues du fief de la présidente du comité, à savoir la Flandre occidentale. CQFD ? "Eva est l’unique Wallonne sur le podium mais nous ne nous préoccupons pas de cela" , se défend l’organisatrice du concours de beauté. "À partir du moment où les filles montent sur le podium, nous oublions d’où elles viennent. Je comprends la déception mais on ne peut pas dire cette année qu’on va élire une francophone sinon les néerlandophones ne doivent plus s’inscrire alors. On ne peut pas influencer ça, c’est impossible. Et on ne m’achètera jamais!"

Bref, le mot de la fin ira à un père de famille déçu mais visiblement lucide sur l’organisation de Miss Belgique. "On ne change pas une équipe qui perd !"


Qui est Darline Devos ?

"En 2005, je reprenais le flambeau des mains de Madame Cécile Muller" , écrit la présidente du Comité national Miss Belgique (extrême droite sur la photo) dans son CV. "Avec tout le respect pour ce qu’elle avait réalisé, je souhaitais poursuivre l’œuvre de sa vie."

À 18 ans, après des études secondaires en Scientifique A, Darline Devos est allée étudier à l’Université de Gand (RUG) où elle a obtenu son diplôme de pharmacienne à 23 ans et a ensuite suivi une spécialisation à la VUB (Vrije Universiteit Brussel) en dermatologie et en cosmétique parce que son rêve a toujours été de "contribuer à la beauté de l’être humain, intérieurement et extérieurement" , précise cette pratiquante du yoga et du shiatsu.

Par la suite, elle a repris avec son époux la firme Euronyl à Deinze où "j’ai pu employer mes talents d’organisatrice. Pendant les 15 ans où j’y ai officié comme manager, j’ai appris énormément de choses sur le leadership, la comptabilité, les opérations financières et les ressources humaines. En réalité, diriger une entreprise me passionne. À côté de cette activité professionnelle, j’ai été présidente durant 9 ans du comité de l’élection de Miss Waregem Koerse. J’ai développé cette élection avec Guy D’hooghe." Qui n’est autre que son mari et directeur des ventes et marketing du Comité Miss Belgique.

Et depuis, le couple veut "dynamiser l’élection de Miss Belgique et la faire étinceler, dans toute sa gloire, au firmament des événements en Belgique" !