Pendant son journal télévisé de mardi soir, la RTBF a diffusé un reportage au sujet des Belges sur le point de se rendre en Ukraine, afin de rejoindre la légion internationale. Dans le reportage, un homme âgé de 51 ans originaire de Flémalle, est interrogé sur ses motivations et ses appréhensions avant son départ.


Mais des images, tournées dans la pièce où l'homme préparait ses affaires, ont interpellé de nombreux téléspectateurs. L'homme affichait en effet fièrement une affiche avec le logo du corps franc wallon, une référence directe à la Légion Wallonie, branche wallonne de la Waffen SS pendant la Seconde Guerre mondiale.

Critiquées pour le choix de cet intervenant, accusées de ne pas s'être assez renseignée, la RTBF et Marianne Klaric (la journaliste qui a réalisé le reportage) ont été prises à partie sur Twitter. De nombreux internautes ont exigé des explications, dénonçant un "profond malaise".


Retour sur le faux pas au JT

Une polémique qui a rapidement pris de l'ampleur sur les réseaux sociaux. Si bien que la RTBF a décidé d'y répondre dans son JT ce mercredi soir, lendemain de la diffusion de la séquence critiquée. Nathalie Maleux, la présentatrice du JT, est revenue sur la controverse. "Cette affiche est très claire", a admis Nathalie Maleux. "Nous avons manqué de mise en perspective hier", reconnaît-elle, avant la diffusion d'un reportage retraçant l'histoire de la Légion Wallonne, une "page sombre" de l'histoire belge.

La journaliste à l'origine du reportage s'est également exprimée sur Twitter, assurant que l'homme était plus un "zozo skin repenti". "Cela n’enlève rien au malaise, je le conçois. Mais il ne faut surtout pas en conclure que la RTBF fait l’apologie d’une idéologie d’extrême droite. Il faut se calmer et cesser de nous faire un procès sur la toile", a-t-elle ajouté. Marianne Klaric a également invité les personnes "hurlant avec les loups" à "venir travailler dans une rédaction en ce moment", sous entendant que la charge de travail était forte et la tâche compliquée.

Comme l'ont fait remarquer certains internautes, l'homme avait également été interviewé par le journal Le Soir sur le même sujet.

Si l'homme avait affirmé auprès de la journaliste qu'il n'était pas affilié à l'extrême droite, ses réseaux sociaux dressent un portrait interpellant. L'homme y a partagé plusieurs publications invitant les internautes à rejoindre le "corps franc belge Makhno, combattants libres engagés dans la Légion Internationale pour la Défense Territoriale de l'Ukraine". Plusieurs publications font aussi référence au mouvement skinhead ainsi qu'à plusieurs groupes prônant le "national anarchisme" dans lesquels il est très actif. Ce mouvement politique cherche à concilier des positions anarchistes, comme le rejet du capitalisme et de l’État, avec le nationalisme, voire dans certains cas, avec le "séparatisme racial".