Des années 30 – dans la première saison de 11 épisodes – on était, par la magie des scénaristes, passés directement aux fabuleuses sixties, qui nous procurèrent 27 moments de pur plaisir. Après Antoine Duléry et Marius Colucci, nous eûmes donc droit à Samuel Labarthe et Blandine Bellavoir, rapidement rejoints par Élodie Frenck, personnage secondaire de secrétaire auquel le public s’était furieusement attaché. Mais – et même s’ils disent tous le bonheur qu’ils eurent à tourner Les petits meurtres d’Agatha Christie, l’heure était venue de faire fonctionner la machine à voyager dans le temps.

Nous voici donc une petite décennie plus tard, dans ces folles années 70, où il était interdit d’interdire (vestige de mai 68) et où le pouvoir des fleurs n’était pas une chanson des Laurent Voulzy mais un art de vivre et aussi de s’habiller. C’est donc dans des décors flashy, tout en rondeurs et en volutes d’encens qu’évoluent les trois nouveaux enquêteurs. Et, pour le coup, c’est une femme – Annie Greco (Emilie Gavois-Kahn) qui tient les clefs de la boutique. Pas commode – mais ne doutons pas que son personnage va évoluer vers un peu plus de “coolitude” au fil de la saison – elle se choisit pour partenaire une tête brûlée, Max Beretta (quel joli nom pour un flic. Magnum était déjà pris !), que l’on a “placardisé” aux archives pour cause de comportement un tantinet violent avec ses collègues (en vrai des gros machos qui l’ont bien cherché). Seule condition pour que Beretta (Arthur Dupont) participe aux enquêtes : on lui impose de suivre une thérapie afin qu’il contrôle mieux son agressivité. Entre donc en scène le troisième personnage principal de ces Petits meurtres version seventies : Rose Bellecour (Chloé Chaudoye), petite fille riche qui n’en peut plus de ses parents, de leur hôtel particulier et des bons partis qu’on veut lui présenter afin de la marier. Rose rêve de Freud, d’hypnose, de transferts et se révèle, en plus d’être très casse-pieds, une assez bonne enquêtrice.

Une fois ces bases posées, peut donc se lancer dans ce premier épisode, intitulé La nuit qui ne finit pas (adapté du roman éponyme). Pour être tout à fait honnête – mais sans doute n’est-ce qu’une question de temps – on regrette un peu les costumes impeccables de Swan Laurence et le manteau en léopard de Marlène. Certes, les reconstitutions sont toujours aussi minutieuses – vêtements, accessoires, voitures, etc. – mais peut-être un peu trop clinquantes, trop appuyées. Comme si l’essentiel n’était plus l’histoire imaginée voici un peu plus de cinquante ans (première publication de La nuit qui n’en finit pas en 1967) par la grande Agatha mais la manière de la filmer…

Après ce tout premier épisode, France 2 propose également, à 22 h 40, un documentaire intitulé La grande histoire des petits meurtres, dans lequel témoignent tous ceux, acteurs, réalisateurs, costumiers, décorateurs, qui y sont passés. Un régal pour les fans…