En France, depuis le début de l’année, 53 policiers ont mis fin à leurs jours. En Belgique, 7 suicides sont à déplorer.

Le week-end dernier, il présidait le Waterloo Historical Film Festival, qui a battu son plein pendant trois jours et a accueilli 5000 spectateurs. Un beau succès pour la ville brabançonne et de jolis souvenirs pour le réalisateur belge Vincent Lannoo, dont le jury a récompensé The Third Wife, d’Ash Mayfair et Sympathie pour le Diable, de Guillaume de Fontenay.

Mais l’actualité de Vincent Lannoo, c’est aussi ce téléfilm coup de poing, diffusé ce soir sur France 2 dans le cadre d’une "soirée continue" sur le thème : La police à bout de souffle. En introduction au débat, la fiction États d’urgence, donc, tourné par notre compatriote, où l’on suit une brigade au bord de l’épuisement, qui s’échine à mettre la main sur une bande de cambrioleurs semant la peur à Marseille. Une bande de flics qui n’est pas sans rappeler celle que Bertrand Tavernier mettait en scène en 1992 dans L627. Et un triste constat, donc : rien n’a changé.

Car après les moments de grâce vécus au lendemain des attentats, en France, quand des citoyens se jetaient au cou des policiers pour les remercier des sacrifices exigés par leur boulot, est revenu le temps du désamour. "Désarroi", "sentiment d’abandon", "détresse" sont les mots qu’ils utilisent le plus quand ils parlent de leur métier. Depuis le début de l’année, 53 policiers se sont suicidés dans l’Hexagone. En Belgique, 10 d’entre eux ont mis fin à leurs jours en 2018. Et sept déjà en 2019. "Une explication peut être la surcharge de travail demandée aux policiers, ainsi qu’un manque important d’effectifs", expliquait récemment Marc Duplessis, syndicat CGSP de la police de Bruxelles.

Chanteuse et actrice

Le rôle principal d’États d’urgence, c’est l’inattendue Olivia Ruiz, inoubliable candidate de la première Star Academy, Femme chocolat sur scène et sur disque, qui l’endosse. En quelques scènes à peine, elle fait voler en éclat l’image de la chanteuse, en mettant toutes ses tripes dans le personnage de Justine, qui se fait, peu à peu, bouffer par son métier. "J’ai une formation de comédienne au départ, j’ai fait des études de cinéma, avant de bifurquer en communication et de tout lâcher pour la musique à 19 ans. Mais de mes 12 à mes 18 ans, j’ai fait partie d’une troupe de théâtre", expliquait-elle à Ciné Revue voici quelques années.

Car, non, Olivia n’en est pas à son coup d’essai. En 2012, elle avait donné la réplique à Gérard Jugnot et François Berléand dans Un jour mon père viendra de Martin Valente et, l’an dernier, on avait pu la voir dans Soledad de Manuel Sanchez.

Quelques semaines à peine - c’était le 3 octobre - après l’attentat commis au cœur même de la Préfecture de Police de Paris, Julian Bugier recueillera sur son plateau des témoignages d’hommes et de femmes, de gradés et de gardiens, provinciaux et parisiens, qui témoigneront de la pénibilité d’une profession mal aimée.