"Dernière conférence de presse après 4 ans à la tête d’Orange Belgium". C’est avec un brin d’émotion que Michaël Trabbia - qui quitte son poste de CEO pour devenir Chief Technology Officier dans la maison-mère en France à partir du mois de septembre - entame son dernier contact avec la presse belge à l’occasion de la publication des résultats du deuxième trimestre.

Les dossiers sur la table

Une constatation : la crise du Covid-19 se fait sentir, on ne peut pas le nier. Le chiffre d’affaires pour le deuxième trimestre 2020 est en baisse de 7,9% par rapport à la même période 2019 et se fixe à 302,8 millions d’euros. Par contre, l’Ebitda (bénéfices avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) est en hausse de 9,7% et la base de clients a augmenté, avec 8000 clients « convergents » pour l’offre duo et 7000 clients mobiles supplémentaires. En tout, la base de clients s’élève donc à plus de 2,88 millions. "On a réussi notre transition d’opérateur 100% mobile à la base à opérateur avec offre convergente (duo ou trio, avec Internet, TV et mobile, NdlR.)", déclare Michaël Trabbia, confiant.

La crise sanitaire a pesé, particulièrement pour la vente de terminaux (-11,7 millions d’euros) en magasins. La hausse de nombre d’abonnés a tout de même été freinée par le confinement et la fermeture quasi-complète des boutiques de la mi-mars à la mi-mai "mais le nombre de résiliations a également diminué", ajoute pour sa part Arnaud Castille, le CFO.

Du côté de la vente de Voo par Enodia (ex-Nethys), récemment suspendue, Michaël Trabbia confirme qu’Orange reste toujours intéressée. Être propriétaire de son propre réseau offre beaucoup d’avantages. C’est un investissement, mais cela permet d’être moins dépendant des propriétaires de réseau et de "continuer à tenir notre promesse de ne jamais augmenter les prix, tout en donnant toujours plus aux clients", affirme le CEO.

Par ailleurs, Orange a pu confirmer son partenariat avec Proximus pour augmenter la taille de son réseau et donc augmenter sa couverture. Un partenariat donnant-donnant, "ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a plus de concurrence, au contraire. Elle est toujours présente et permet ce dynamisme". Pour faire simple, les opérateurs mettent à disposition une partie de leurs réseaux respectifs dans les zones faiblement couvertes.

En ce qui concerne la concurrence, le dirigeant ne croit pas en l’arrivée d’un quatrième opérateur en Belgique (autre qu’Orange, Proximus, Base/Telenet) à l’avenir. Pour lui, le marché n’est pas suffisamment grand et que la concurrence est déjà bien présente. C’est confiant sur ce point qu’il laissera donc Xavier Pichon reprendre son poste, "un connaisseur du secteur, avec une connaissance financière et une vision stratégique", signale-t-il avec le sourire.

En ce qui concerne la 5G, le CEO réaffirme la position de l’opérateur : "Il n’y a aucun souci technique dans l’utilisation d’équipements étrangers, et donc chinois. La 5G est d’ailleurs essentielle car la hausse de consommation de données a besoin de cette technologie", qui serait, dit-il, moins gourmande que la 4G en énergie.

Le prix pour l'accès au championnat belge ?

Enfin, parmi les annonces d’amélioration réseau, d’augmentation de l’offre (8 GB de données mobiles au lieu de 5 GB pour les clients Go Plus), de volonté de réduction des émissions de CO2 et autres, l’information du jour est l’offre football de l’opérateur. Annoncée précédemment, le prix n’avait pas encore été dévoilé. Il sera donc de 10,99 euros par mois pour suivre le championnat belge, grâce à Eleven Sports. "Les clients Orange ont déjà accès au football international. On lance donc une offre agressive qui ne coûtera pas cher aux clients", ajoute-t-il, en visant les fans de foot belge qui étaient jusque-là réticents à rejoindre Orange sans cette offre.

"On a changé de manière assez forte l’image d’orange. On a apporté beaucoup aux clients, en montrant qu’on était pas obligé d’être une industrie qui ne voit que la valeur, ne réfléchit que par l’augmentation des prix. Ça, je le dois aux équipes d’Orange Belgium. C’est ce qui nous a permis en quatre ans de devenir un opérateur convergent crédible. Je quitterai la Belgique avec beaucoup d’émotion et de fierté du travail qui a été fait", conclut Michaël Trabbia.