Toutes les pages de ce journal ne suffiraient pas à établir la liste exhaustive des dégâts causés par la pandémie de Covid-19. De nombreux secteurs économiques ne s’en relèveront pas avant plusieurs années. Mais, comme toujours, le malheur de presque tout le monde fait le bonheur de quelques-uns.

Une enquête menée par la société britannique Ofcom, Media Nations’2020, révèle que durant la pandémie, chaque habitant d’outre-Manche a passé en moyenne six heures et vingt-cinq minutes par jour les yeux rivés sur des écrans pour le loisir. Ce qui correspond à 40 % du temps d’éveil. Soit une augmentation d’un tiers par rapport à la même période, en 2019.

Sans surprise, Disney +, Netflix, Amazon Prime et compagnie sont les grands gagnants de cette "évolution". Le temps passé devant leurs programmes a explosé, de 26 minutes en moyenne en 2019 à 83 minutes un an plus tard. Les chaînes de télé traditionnelles, boostées dans un premier temps par le besoin d’information concernant le Covid-19, s’en tirent bien elles aussi. Nos voisins les ont regardées durant 215 minutes par jour, contre 193 douze mois auparavant.

À des niveaux de vision moindre, les jeux vidéo (de 12 à 19 minutes) et Youtube (de 34 à 48 minutes sur les tablettes et smartphones) ont aussi connu une belle croissance. Or, selon Daisy Fancourt, professeur d’épidémiologie et de psychologie à la University College London, au-delà de trois heures et demie passées devant les écrans, on constate un déclin cognitif. Cela ne laisserait plus assez de temps pour lire, parler, exercer son cerveau. Et voilà encore un effet inattendu du Covid-19.