La polémique enfle depuis 24 heures. Marie Portolano a réalisé un reportage qui aborde le traitement subi par les femmes dans le journalisme sportif et le sexisme dont elles sont victimes. Canal+, qui diffuse le reportage, avait censuré la séquence qui impliquait Pierre Ménès. Cependant, l'information selon laquelle il aurait en 2016 soulevé la jupe de Marie Portolano a tout de même fuité créant l'indignation sur les réseaux sociaux.

"Ce n'était pas une agression sexuelle"

Avant la diffusion de la séquence Francesca Antoniotti, également présente sur le plateau, a livré son ressenti sur une autre séquence dans laquelle Pierre Ménès l'embrasse sans son consentement. Des images qui, depuis cette polémique, ont refait surface sur les réseaux sociaux. "Je n'ai pas vécu ce geste comme une agression sexuelle, mais plutôt comme une humiliation.(...) Il faut être honnête dans ce milieu le fait qu'on soit une femme autorise certains à nous manquer de respect.(...) On a toujours été amis avec Pierre, j'ai un profond respect pour lui, c'est un journaliste que j'admire, mais c'est vrai que dans ce milieu il y a des décideurs, il y a des gens qui comptent et on ose pas toujours leur faire une remarque.(....) Là en revoyant les images c'est vrai que je suis dérangée. Mais encore une fois, ce n'était pas une agression sexuelle. Je vais être honnête ça ne m'empêche pas de dormir."


"Il y a une déferlante de haine et de menaces de mort"

Dans la séquence diffusée en exclusivité par TPMP, on peut voir Marie Portolano discuter très calmement avec Pierre Ménès dans le cadre de ce reportage. La journaliste sportive lui demande s'il se rappelle du moment où il avait soulevé sa jupe devant tout le monde, il répond qu'il ne s'en rappelle pas du tout. Elle lui demande alors s'il le referait et il répond "oui".

Invité sur le plateau Pierre Ménès s'exprime pour la première fois sur cette polémique : "C'est horrible. C'est horrible pour ma femme qui se fait insulter dans des proportions qui dépassent tout ce qu'on peut me reprocher, à juste titre, dans ce documentaire. Il y a une déferlante de haine, de menaces de mort". Il tient aussi à revenir sur la réponse qu'il donne à Marie Portolano : "Dans cette séquence je dis une seule connerie, c'est que je le referais".


"Si on ne peut pas chambrer une fille parce que c'est une fille c'est insupportable"

"Je sais pourquoi je ne me souviens pas de ce moment. Parce que cette émission là était la dernière avant que je tombe malade et disparaisse des écrans pendant sept mois. Donc je pense que ce soir-là je n'étais pas dans mon état normal.(...) Évidemment que quand je revois la scène avec Francesca je ne la referais pas non plus. Le monde a changé, c'est MeToo, on ne peut plus rien dire, on ne peut plus rien faire, mais ce que je maintiens dans le doc', c'est que pour moi un homme et une fille c'est pareil. Et si on ne peut pas chambrer une fille parce que c'est une fille c'est insupportable et pour elle aussi." explique-t-il.


Il a admet avoir de "profonds regrets" aujourd'hui sur ce qu'il s'est passé mais il précise tout de même qu'il avait accepté de participer à ce documentaire et qu'il n'est pas responsable de la censure de la séquence dans laquelle il apparaissait.


"Franchement je le mérite un peu. Je ne peux pas comprendre les menaces de mort mais je comprends les critiques même les critiques violentes. (...) On ne me reprendra plus jamais à faire des choses comme cela". conclut-il.