L’affiche du prochain spectacle de François Pirette, grimé en Charles Michel, fait déjà grand bruit. "Et pourtant, j’ai toujours plus chatouillé à gauche qu’à droite !", nous dit-il.

Il ne veut pas trop en dire. Pas par superstition ou coquetterie. Non, c’est juste que son prochain spectacle Tu parles, Charles - qui par l’affiche et son titre est plein de promesses ! - qui sera enregistré pour la télé (et RTL donc) depuis le Trocadéro de Liège le 9 décembre prochain, François Pirette, qui boucle ces jours-ci sa tournée C’était trop 30 ans, ne l’a pas encore totalement écrit… "Je travaille à la dernière minute, comme toujours… Mais je sais très bien quelle est mon intention."

Au vu du titre et de votre grimage en Charles Michel, on a quelques indices…

"C’est le moment un peu trouble qu’on vit en Belgique qui me motive beaucoup pour écrire ce spectacle. Je suis très malheureux de voir où on en est arrivé. Ce pays vaut mieux que ça ! On s’est précipité pour former ce gouvernement, ça, ça me dérange. On aurait pu attendre plus longtemps, car notre gouvernement n’était pas tombé…"

Ce n’est pas risqué de s’aventurer sur le terrain politique pour un humoriste ?

"J’ai envie de créer quelque chose de cocasse. On ne va pas parler que de politique ! J’ai juste envie de réveiller quelque chose. J’ai déjà lu plusieurs commentaires qui ont été postés après la divulgation de mon affiche. Les gens sont un peu distraits. Ça fait peut-être 20 ans que mes spectacles parlent, d’une manière ou d’une autre, de politique ! Asile politique est le meilleur exemple. J’ai toujours fait ça, ce qui est nouveau c’est que la famille politique qui est aujourd’hui au pouvoir est exclusivement de droite. Je vais donc chatouiller le pouvoir et donc la droite."

Et vous n’avez pas dans le passé épargné la gauche… Même si on dit que vous êtes de gauche…

"J’ai beaucoup plus chatouillé à gauche qu’à droite. Autant dans mes spectacles que dans mes interviews, où j’ai combattu Elio Di Rupo sur le terrain montois. Je n’ai jamais accordé de l’indulgence à gauche sous prétexte que ma sensibilité penche de ce côté-là. La droite n’a jamais porté mes valeurs, j’ai donc toujours été plus inquiet de ce que faisait ma famille politique."

Vous avez l’impression que les gens s’offusquent déjà que vous chatouilliez la droite ?

"Maintenant que la droite est au pouvoir, j’ai l’impression que je commets un crime de lèse-majesté en me faisant la tête du Premier ministre ! Mais ça n’enlève rien à ma légitimité d’amuseur qui veut chatouiller !"


La suite de cette interview de François Pirette dans le Télé DH de ce samedi