Le film de John Sturges, sorti en 1960, est un remake sous forme d’hommage aux Sept samouraïs, d’Akira Kurosawa .

Yul Brynner, Steve McQueen, Charles Bronson, Robert Vaughn et James Coburn : on ne pouvait, cette année-là pas rêver beaucoup mieux en matière de casting. John Sturges, fort du succès du Vieil homme et la mer (avec Spencer Tracy, sorti deux ans plus tôt), était tombé sous le charme d’un film japonais, réalisé par Akira Kurosawa : Les sept samouraïs.

Dans cette version originale, sept redresseurs de torts (japonais), n’écoutant que leur courage, viennent au secours de paysans (japonais également) dépouillés de leurs maigres biens par des brigands (japonais). Mais puisque nous sommes à l’aube des années 60 et que le western est un genre à succès, Sturges, lui, transporte l’intrigue de l’autre côté de la frontière. Ce seront donc de pauvres paysans mexicains qui se feront maltraiter par de méchants Mexicains. Et ce seront, bien entendu, de vaillants Américains qui leur viendront en aide. Un scénario impensable de nos jours, les "Chicanos" étant priés par un certain Donald T. de rester chez eux, derrière un mur qu’il se veut fort de construire sur la frontière.

Mais en 1960, donc, toute l’équipe partit s’installer par-delà le Rio Grande (ou le Rio Bravo si l’on regarde de l’autre rive) pour un tournage qui fut épique.

Notamment du fait de Steve McQueen, jeune acteur prometteur à la télévision - il est alors à l’affiche de la série Au nom de la loi - mais qui ne s’est pas encore fait un nom sur grand écran. Pour pouvoir participer au tournage, il va d’ailleurs prétexter un accident de voiture qui le libérera pour un temps de ses obligations.

Une fois devenu mercenaire, l’acteur se rebiffa : au nom de quoi n’avait-il que sept lignes de texte dans le scénario original ? D’autant plus que Yul Brynner, lui, en avait beaucoup, beaucoup plus… Alors, pour braquer sur lui les regards (et la caméra), Steve McQueen usait de stratagèmes pour énerver son partenaire et l’on murmure que la première scène qu’ils eurent à tourner ensemble fut particulièrement éprouvante. D’autres moments furent toutefois plus joyeux puisque c’est sur le plateau que Yul Brynner épousa Doris. Pour l’occasion, les acteurs rejouèrent jusqu’à très tard une scène de fiesta vue dans le film.

À l’arrivée, Les sept mercenaires fut un succès. Kurosawa lui-même aima tellement le film qu’il fit cadeau à John Sturges d’une épée traditionnelle japonaise. Mais, comme souvent, si le public fut au rendez-vous, les professionnels, eux, boudèrent The magnificent seven (titre original). Aucun des acteurs ne fut nommé à l’Oscar. Seul Elmer Bernstein le fut pour la musique, mais la statuette lui échappa…

En revanche, le film fit des petits. Le Retour des sept sortit 1966, Les Colts des sept mercenaires en 1969) et La Chevauchée des sept mercenaires en 1972. En 1980 sortit même Les mercenaires de l’espace, qui emmenait le spectateur sur le terrain de la science-fiction.

Enfin, après une série télé (1998-2000), ce fut au tour d’Antoine Fuqua de s’atteler à un remake en 2016. À l’affiche : Denzel Washington, Ethan Hawke, Chris Pratt ou Vincent d’Onofrio. Un casting qui ne suffit pas à faire oublier l’original…