Télévision

Il a conjugué playmate, marionnettes et humour à la télévision. Qu'est devenu Stéphane Collaro ?

BRUXELLES De ses émissions, on a retenu ce mot : coco. Une particule qui précédait girl ou boy. De ces années 70 et 80 où il faisait son show, Stéphane Collaro nous a laissé le goût de la provoc qu'on peine désormais à pouvoir réexploiter sur les chaînes de télé.

1982 : les premières marionnettes (dé) politisées crèvent l'écran. Le Bébête Show n'est pourtant encore qu'une séquence dans la première grande émission lancée par Collaro : Le Collaroshow. C'était sur Antenne2. Le nouveau comique potache de la télé est bien conseillé. Il sort tout droit de l'équipe de Jacques Martin. Avec des personnalités telles que Daniel Prévost, Collaro - alors âgé d'une petite vingtaine d'années - venait de participer au Petit Rapporteur.

De grands moments que le rigolo de l'époque tient à conserver intacts. Ainsi, en décembre dernier, il s'indignait de la sortie en DVD de quelques séquences de l'émission. Alors que Jacques Martin s'était dit très satisfait du condensé mis sur disque, Stéphane Collaro qualifiait le produit final de "lamentable, voire nullissime [...] Les séquences ont été choisies en dépit du bon sens, sans talent ni discernement". Des déclarations qui ont fait grand bruit mais qui n'ont pas pour autant permis à Stéphane Collaro de revenir au-devant de la scène télé.

Peut-être ne le souhaite-t-il pas non plus, après avoir essuyé quelques échecs lors de retours jamais concrétisés. Il a même été question, en 1998, de lancer une émission d'humour - qu'il dirigerait mais ne présenterait pas - sur RTL-TVi. Mais voilà, les années ont passé et l'humour considéré comme révolutionnaire et couillu de l'époque ne trouve plus sa place depuis 1995 et l'arrêt définitif du Bébête Show (devenu depuis 1988 une grande émission quotidienne). Stéphane Collaro s'en est lui-même rendu compte : "Maintenant la télé est un business. On ne recherche plus l'originalité".

Celui qui a jadis porté l'érotisme au petit écran et bêtisé la politique française vit loin des studios de télé qui l'avaient rendu riche. "Je me sentais comme un gagnant du Loto qui avait tiré le bon numéro." Si bien que "cet argent, je l'ai dépensé très vite parce qu'il me paraissait trop facilement gagné", confiait-il, il y a quelques années. Il s'était offert à l'époque quelques beaux tableaux de maître qu'il a, depuis, revendus. Il a diversifié ses activités et est parti s'installer à Saint-Martin, où il dirige désormais un hôtel. "Cet argent prend davantage de signification puisqu'il me faut finir ma vie avec."

Sa dernière apparition télé ? Probablement quand il a tenu à soutenir son comparse de toujours, Jean Roucas, qui participait à l'émission de télé-réalité, 1re compagnie. Les temps sont à une autre forme d'humour.



© La Dernière Heure 2007