Nouvelle polémique sur fond de racisme en France. Daniel Schneidermann a rédigé un édito sur le site internet Arrêt sur Images. Dans son papier, le journaliste revenait sur le choix de l'Académie des Oscars de revoir ses critères de sélection des films afin de favoriser la diversité dans le cinéma. L'émission "Face à l'info" sur CNews traitait de cette décision de la part de l'Académie sous le titre "Quand les Oscars cèdent aux minorités".

La présentatrice Christine Kelly faisait face à son chroniqueur Eric Zemmour. "Cette importante nouvelle ne pouvait échapper à Zemmour, dans sa déploration quotidienne. Sans surprise, il est terrifié. Mais pour une fois, pas en tant que mâle blanc. En tant que représentant d'une minorité -entendez Juif séfarade. Et en tant que représentant de cette minorité sous-représentée, Zemmour n'a pas besoin de voir ses semblables à l'écran, pour se sentir représenté", écrit Daniel Schneidermann.

Si ce premier tacle appuyé n'était pas destiné à la présentatrice, le journaliste a ensuite passé la seconde. "Au début, elle a timidement lancé le Maître, en glissant que pour sa part, elle trouvait la décision des Oscars "tardive". Et puis elle est restée là, humble, muette, à assister à sa propre humiliation, à la mise en évidence de sa fonction d'alibi, démonstration vivante qu'avec un peu de perversité et beaucoup de cynisme, on peut bien s'amuser avec les règles sur les quotas" explique-t-il dans un édito intitulé "Zemmour et sa servante".

Après la parution de son texte, les internautes se sont déchaînés sur la toile. Plus de 1300 réponses ont été recensées. Si le texte ne choque pas en soi, c'est le titre du texte qu'une partie du public a trouvé déplacé. "Que tu estimes que Christine Kelly serve la ligne raciste de Zemmour en présentant son émission j'entends mais utiliser ce mot" servante" ça me choque. Dire qu'elle sert sa ligne et dire que c'est une servante ce n'est pas la même chose surtout quand il s'agit d'une femme noire..." explique l'une des personnes concernées.


Un autre internaute ne comprend pas où veut en venir le journaliste. "Vous sous-entendez donc qu’elle n’est pas là pour ses compétences? Vous êtes devenu méconnaissable." Christine Kelly n'est pas la seule à participer à la tribune laissée à Eric Zemmour pour déverser ses idées. "Le terme "servante" n’était pas nécessaire, je trouve. Que dire alors de tous ceux qui ont lancé Zemmour à la TV ? Stéphane Bern, Laurent Ruquier et Catherine Barma... ?" explique un autre internaute.

Daniel Schneidermann ne s'est toujours pas exprimé à propos de toutes ces critiques.