Le Secrétariat d’instruction du CSA été saisi de nombreuses plaintes à l’issue de la diffusion d’un reportage du journal télévisé de RTL-TVI. Il a décidé d’ouvrir un dossier d’instruction

Nous vous en parlions hier : le reportage d'ouverture du RTL Info 13 h de vendredi dernier n'avait pas manqué de heurter certaines sensibilités.

Le Secrétariat d’instruction du CSA été saisi de nombreuses plaintes à l’issue de la diffusion d’un reportage du journal télévisé de RTL-TVI vendredi 12 juillet à 13 heures. La séquence était annoncée comme suit : "Un début de vacances raté pour Charlotte. La Liégeoise venait d’arriver à Zarzis, en Tunisie, et elle a découvert un cadavre sur la plage. Plusieurs touristes s’inquiètent et demandent de pouvoir au moins changer d’hôtel. Une quarantaine de corps de migrants ont été repéchés par les garde-côtes."

Les plaintes adressées au CSA dénoncent une potentielle atteinte à la dignité humaine des personnes migrantes. Elles questionnent également le traitement de l’information dans la séquence, qui aurait pour effet de déshumaniser ces personnes.

Après réception des plaintes et analyse de la séquence, le Secrétariat d’instruction a estimé que celle-ci était effectivement susceptible de porter atteinte à l’article 9, alinéa 1° du décret sur les services de médias audiovisuels, au regard de l’interdiction de porter atteinte à la dignité humaine. Il a également constaté que les plaintes soulevaient un éventuel enjeu de déontologie journalistique.

Le Secrétariat d’instruction a donc décidé d’ouvrir un dossier d’instruction, selon la procédure dite "conjointe" prévue avec le Conseil de déontologie journalistique (CDJ). En vertu de celle-ci, le CDJ sera amené à remettre un avis au CSA sur le respect des codes de déontologie journalistique. Cet avis doit être remis dans un délai de 90 jours prolongeable une fois. Ensuite, le CSA se prononcera sur une éventuelle atteinte au droit de l’audiovisuel.

Questionnée par nos soins, RTL s'était, hier, sur dh.be, défendue, précisant avoir couvert le drame sous plusieers angles. Et notifié, que, in fine, "les téléspectateurs ont le droit d’aimer ou non la façon dont le sujet a été traité".