À peine maquillée, la queue-de-cheval haut perchée et un survet sur les épaules, Sandra Bullock n’avait rien à voir avec la fausse candidate à l’élection de Miss America qu’elle incarnait dans le film de Donald Petrie, Miss Detective, sorti voici déjà 20 ans. Et pour cause : la brunette n’a jamais été du genre à briguer une place sur un podium… “Quand j’étais petite, on avait une télévision sur laquelle on captait deux chaînes. Pas de magazine de mode ou de potins à la maison. Bref, j’étais à peine au courant que ce genre de concours existait, nous expliquait-elle à l’époque et de bon matin, dans une suite d’un hôtel de Beverly Hills. Oui, ce temps béni où l’on rencontrait encore les gens “en vrai” et, mieux, à l’autre bout du monde. “D’ailleurs, pour que le film soit crédible, nous n’avons pas choisi des filles comme moi. Dans la mesure du possible, mes rivales sont des nanas qui ont participé à des concours de beauté. Elles ne sont pas toutes de ravissantes idiotes. Il y a en a, c’est sûr, comme dans toutes les professions. Mais il y en a d’autres qui sont très intelligentes, qui ont le même sens de l’humour que vous. Bref, ce sont des chouettes filles et, dans un premier temps, vous vous demandez ce qu’elles fichent dans un concours comme celui-là. Puis vous les voyez sur le plateau et vous vous rendez compte qu’elles peuvent être plus amusantes que vous l’êtes vous-même ! C’est une belle leçon sur les préjugés, en tout cas…”, confiait la comédienne, sans doute l’une des plus sympas qu’il nous ait été donné de croiser.

Intarissable sur son sujet, entre deux éclats de son inimitable rire, elle expliquait encore : “Pour certaines filles, c’est une vraie opportunité de se faire remarquer. Elles ont eu la chance d’être bénies des dieux et elles ont reçu bien plus que la beauté. Elles rêvent d’une carrière à la télé ou autre… C’est marrant pour elles, elles s’amusent. Moi aussi j’espérais qu’elles étaient incapables de défiler et de parler en même temps. Mais je me suis trompée. Et croyez-moi, ça m’énerve !

Plutôt réservée à la ville – pour les décolletés plongeants, vous repasserez – mais scénario oblige, Sandra Bullock avait donc dû déambuler en bikini… devant toute une équipe, le temps d’un tournage. “J’ai essayé que l’on réécrive deux ou trois scènes, mais ils n’ont rien voulu savoir, s’amuse-t-elle. Ils m’ont juré que c’était absolument nécessaire.” Pourtant, cette miss sympathie est bien consciente d’une chose : le monde d’aujourd’hui tourne autour de la beauté. “Mais c’est comme ça depuis Cléopâtre ! Regardez ce que les femmes sont capables d’endurer pour améliorer leur image, leur corps, leur look. C’est un truc qui ne s’arrêtera jamais. Et on a beau dire que la beauté est intérieure, on a beau se forcer à ne pas lire les magazines et à se concentrer sur des choses un peu moins superficielles, on fait tout ce qu’on peut. Ce doit être génétique : les hommes aiment les jolies filles. Les femmes se soucient beaucoup moins de cela !”, concluait-elle en riant. Évidemment.