Elisabeth de Belgique, c’est un mythe, une légende. Si son époux, le roi Albert Ier a gagné son titre de Roi Chevalier pendant la Première Guerre mondiale, elle s’est imposée comme la Reine Infirmière. Et c’est leur couple qui a incarné la résistance face à l’envahisseur allemand leur assurant une place à part parmi les monarques du pays.

Pourtant, Elisabeth, née de Wittelsbach, duchesse de Bavière, mère de Léopold III, grand-mère de Baudouin et d’Albert II et arrière-grand-mère de l’actuel roi Philippe, n’avait rien de la souveraine consort conventionnelle. Elle était à mille lieues de ce que les Belges ont connu avec les deux reines qui l’ont précédée, Louise, l’épouse de Léopold Ier, et Marie-Henriette, celle de Léopold II. On la disait incontrôlable et fantasque, voire insolente. Capricieuse pour le gouvernement belge qui ne savait plus où donner de la tête avec elle. Anticonformiste aussi quand en pleine guerre froide, elle se rend sur la place Rouge à Moscou, rencontre Nikita Krouchtchev et le leader chinois Mao Zedong, ce qui lui a valu le surnom de reine rouge.

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“Nous avons tous un grain dans la famille”

Toujours là où on ne l’attend pas, dans le tombeau de Toutânkhamon lors de son ouverture en 1922 par exemple, elle avait de qui tenir. N’était-elle pas la nièce et la filleule de l’impératrice Sissi, excentrique patentée s’il en est ? Et que dire de sa famille ? Chez les Wittelsbach de Bavière, l’étiquette et le politiquement correct, on s’en moquait royalement. Celle que l’on chérissait, c’était la liberté. D’ailleurs, son père, Charles-Théodore, n’hésitait pas à clamer “nous avons tous un grain dans la famille”

Elisabeth, petit bout de femme que Léopold II jugeait bien trop chétive, tenait beaucoup de son père pour lequel elle n’avait qu’admiration. Non seulement dans les traits du visage, très anguleux, mais aussi dans le caractère. Il était un des rares aristocrates de l’époque à exercer un vrai métier. Ophtalmologue, il mettait un point d’honneur à prodiguer des soins aux plus démunis. Elle, en 14-18, était au chevet des blessés de guerre, à quelques kilomètres du front.

L’histoire de Elisabeth est connue. Du moins des Belges, pas forcément des Français à qui se destine avant tout l’émission de Stéphane Bern. Et s’il est toujours agréable de retrouver les savoureuses anecdotes dont ne manque pas le rendez-vous proposé par France 3, ce numéro de Secrets d’Histoire vaut surtout pour les images inédites tournées dans le château de Laeken, résidence privée et donc fermée au public, de nos actuels souverains par l’équipe d’un Stéphane Bern toujours équipé de sa célèbre lampe de poche.

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C’est également l’occasion de découvrir ou de redécouvrir nombre des beaux châteaux que compte notre pays. Une balade plaisante en compagnie d’une personnalité haute en couleurs.