C’est la surprise littéraire du moment. Voyages en absurdie , le recueil de ses meilleures chroniques est tiré à 220.000 exemplaires. Vous le savez peut-être, et si vous ne le savez pas je vais vous le dire, ça vous évitera de l’ignorer, l’acteur et auteur belge a conquis la France en quelques mois seulement. Stéphane De Groodt est l’Invité du samedi de nos confrères de LaLibre.be.


Extraits:

La presse française vous qualifie de révélation belge de l’année, presque au même titre que Stromae. Pour vous qui étiez pilote automobile avant de travailler longtemps dans ce domaine, c’est une consécration attendue ou surprise ?

C’est une très belle récompense pour toutes ces années de travail. C’est un métier où on marche doucement, on évolue, on accumule les expériences avec plus ou moins de succès. On ne fait pas ce métier pour avoir du succès, mais pour être vu, entendu et apprécié. C’est la nature humaine de ce métier. Cette reconnaissance des médias exigeants pour un métier qui m’est propre, cela m’a conforté dans ma démarche et dans ma manière d’assumer mon univers décalé.

Vous craignez parfois que ce succès soudain puisse retomber aussi vite ?

C’est une question intéressante, d’autant que je pourrais vous répondre rapidement ‘oui’ ou ‘non’. (rires) Ce n’est pas si simple. En réalité, c’est agréable d’être connu, reconnu. C’est un truc de fou parfois, certains me courent après dans la rue pour que je leur dédicace plusieurs exemplaires du livre. Ces témoignages de sympathie et d’amour sont très agréables. Il y a quelques jours, j’étais à la Gare du Nord de Paris avec mon casque sur la tête, une dame est venue me trouver pour me remercier pour mon livre. Je lui dis merci, mais elle insiste pour me remercier davantage. Après deux ans de dépression, elle en est sortie en refermant mon livre. Je lui ai dit qu’elle me disait cela pour me faire plaisir. Sa réponse : "Non, je vous le dis, ça m’a guérie !", puis elle est repartie. Ce genre de choses sont bouleversantes et n’arrivent qu’avec la reconnaissance. Rien que pour ça, ce serait dommage que cela s’arrête.

Être connu vous grise ?

Non, ce qui me grise, c’est la liberté que cela apporte. J’ai le choix de faire ce que j’ai envie de faire parmi ce qu’on me propose. J’ai la liberté de choisir. Canal m’a donné une liberté totale dans mes chroniques. Perdre cette liberté pourrait me faire flipper.

Le public vous connaît principalement au travers de vos chroniques et votre rôle dans la série télé "Mes Amis, mes Amours, mes Emmerdes". Vous avez envie de poursuivre sur cette voie ?

Pour être très honnête, je termine le tournage de la série télé, mais je suis parti vers d’autres projets. Je commence l’écriture d’un long-métrage qui sera produit par Dany Boon, ce fût une rencontre professionnelle et humaine très importante pour moi. C’est un type tout simplement formidable. Il y a un virage qui s’est amorcé il y a quelques temps. Je reçois des scénarios de films avec des premiers rôles… cela ne m’était pas arrivé avant! Le changement s’opère à tous les niveaux depuis que le cinéma m’offre des perspectives que je n’avais pas il y a un an. Je continuerai à regarder de manière très attentive les propositions de séries télé, mais j’ai peut-être fait un peu le tour. Je ne souhaite pas m’enfermer là-dedans. Je ne fais pas la fine bouche, j’ai juste très envie de faire du cinéma.

Si je vous comprends bien, on vous verra sur grand écran, mais plus dans Astérix ?

Non. Je trouve qu’il y a de grosses comédies – pour les qualifier ainsi – qui sont très efficaces et très drôles. Y a-t-il un pilote dans l’avion ?, ce genre complètement déjanté, me fait beaucoup rire, mais ce qui m’importe aujourd’hui, ce sont des rôles que j’ai envie de défendre car travaillés à la ligne. L’envergure du personnage, son univers et sa singularité m’importent beaucoup plus que l’envergure du film.

Clap de fin aussi sur vos chroniques radio et télé ?

Oui, tout à fait, je n’aurais pas le temps de tout faire. J’ai envie de me concentrer sur l’écriture du long-métrage. L’exercice de la chronique est terriblement prenant en énergie et inspiration. Pour ne pas décevoir, c’est un travail de tous les instants. Ce n’est juste plus possible de faire les deux, je crois d’ailleurs avoir fait le tour de l’exercice.


Découvrez cette interview en intégralité ici.