Léa, une adolescente brillante et sans histoire, tombe amoureuse d’un homme plus âgé qu’elle qui l’entraîne, petit à petit, dans le monde de la prostitution et de la violence. Une descente aux enfers pour cette passionnée de danse et pour ses parents, Stéphane et Isabelle, qui n’avaient rien vu venir. "Les fictions sur l’enfance et l’adolescence m’ont toujours plu. Quand j’ai lu le scénario, j’ai trouvé le sujet fort", explique Sylvie Testud, interprète de la mère de Léa dans Fugueuse, mini-série de six épisodes adaptée de version québécoise éponyme et diffusée ce dimanche soir sur La Une.

En tant que maman, ne peut-on que se projeter quand on prépare un rôle pareil ?

"En fait, on n’a même pas besoin de le préparer. On comprend les choses assez rapidement. L’adolescence, c’est le moment où on devrait le plus protéger ses enfants mais c’est aussi le moment où ils prennent le plus de liberté. On imagine toujours qu’on sait ce que c’est parce qu’on n’est passé par là mais, en fait, on ne sait rien."

Ce n’est pas la première fois que vous donnez la réplique à Michael Youn sur le petit écran. Comment s’est déroulé ce tournage à ces côtés ?

"On travaille ensemble depuis tellement longtemps qu’il y a une sorte de connivence entre nous, une confiance. Pour nous, ce tournage était hard core. Surtout lors de la scène où on est interrogés au commissariat de police. C’est difficile de ne pas être dans l’émotion à ce moment-là. Il y avait aussi Romane Jolly, l’interprète de Léa. Elle est surprenante. Dans cette série, elle a été capable d’être infantile comme très mature. Ce qui est beau à voir, c’est qu’elle n’a pas de projet avant de jouer. Elle joue, c’est tout."

Est-ce que l’adolescence est une période que vous redoutiez pour vos enfants ?

"Oui, évidemment. Je suis en plein dedans là… J’ai un garçon de 16 ans qui est très mignon et qui demande à sortir. Que fait-il de ce temps où il n’est pas à la maison et de cet argent que je lui donne pour sortir ? Il faut être super rationnel dans cette situation et se rendre compte qu’entre les fantasmes des parents et les envies de chute des enfants, il y a parfois de la route."

Et vous, quel genre d’adolescente étiez-vous ?

"J’étais une élève très appliquée. Mais, parfois, quand on est bon élève, tout vous rattrape. Vous pétez un plomb à l’âge adulte. La remise en question se fait plus tard."

Est-ce que cette série fait un peu office de sonnette d’alarme pour les parents, selon vous ?

"Je pense que ça entraîne une prise de conscience, certainement. On sait qu’un adolescent est influençable et que certaines rencontres peuvent parfois être nuisibles. En tant que parents, on espère que son enfant s’entoure des bonnes personnes. Un enfant n’a pas de raison de déconner à part s’il fait de mauvaises rencontres. Une femme n’a aucune raison d’être malheureuse en couple sauf si elle tombe sur un sale con. On ne peut pas lutter contre l’extérieur. Il faut accepter qu’on ne peut pas tout maîtriser. Mais, on peut tenter de prévenir nos enfants, de dialoguer avec eux et de les aider."

Beaucoup de fictions de la rentrée sont centrées sur le thème de l’enfance ou de la d’adolescence. Pourquoi ?

"L’adolescence sera toujours un sujet porteur. C’est le moment où on quitte l’enfance et où on n’est pas encore tout à fait dans le monde des adultes. C’est une période qu’on traverse avec plus ou moins de grâce et aussi avec un appel du vide."