Télévision

Les deux drames qui ont successivement frappé Koh-Lanta posent de nombreuses questions quant à ce genre de programmes. De quoi s'attendre à un durcissement ?


BRUXELLES La succession de drames qui a touché l'émission Koh-Lanta n'a pas seulement fait réagir l'opinion public. Elle a aussi interpellé les professionnels en charge de codifier les émissions et fixer les règles élémentaires.

Le CSA français a son mot à dire

En France, pays directement visé, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel est déjà empreint à de mûres réflexions visant à renforcer les mesures entourant les programmes de télé-réalité. Une de ses membres, Françoise Laborde, s'est exprimée sur les ondes d'Europe 1: "Il y a certaines émissions qui pourraient relever du moins de 12. […] Le moins de 12, cela signifie que cela ne peut plus être diffusé à 20h30".

Mais la représentante du CSA va beaucoup plus loin. Jusqu'à instaurer de nouvelles règles à l'intérieur même de ce type d'émission. Françoise Laborde assure que "le Conseil voudrait imposer d’avoir à faire à un psychologue, un médecin présent en permanence pendant le tournage et après le tournage. Le CSA aimerait également revoir le principe de surexposition des participants, qui a une fâcheuse tendance à les broyer". Plusieurs cas de suicide se sont en effet produits au terme d'une saison de télé-réalité. Les cas les plus frappants étant ceux de Loana (Loft Story) et FX (Secret Story).

Vers une révolution de la télé-réalité ?

Les propos de Françoise Laborde laissent présager des règles plus strictes autour des programmes de télé-réalité. De là à parler de révolution, il y a une frontière que nous n'oserons franchir. Il faut plutôt y voir un "encadrement renforcé", que ce soit au niveau de la sécurité ou au niveau de la gestion psychologique des candidats.

La télé-réalité ne risque donc pas d'entrer dans une révolution. Aucun intérêt pour elle, qui connaît un succès toujours croissant, en conservant quasi systématiquement les mêmes recettes.

Par contre, on ne peut espérer qu'une chose ! Que les derniers évènements tragiques fassent réagir les producteurs et que des contrôles plus stricts soient mis en place dans ce genre d'émissions "à risque". Cela concerne principalement la sécurité des candidats (Gérald Babin, décédé pendant le tournage, n'aurait-il pas pu subir davantage de tests ?) mais également leur encadrement mental (quid de la surveillance psychologique du médecin de Koh-Lanta, Thierry Costa, accablé de nombreuses accusations suite au décès du candidat).

Espérons qu'il ne s'agisse pas d'espoirs vains...


© La Dernière Heure 2013