En Belgique francophone, le Télévie représente 50 % des fonds alloués à la recherche contre le cancer. Et, en 30 ans, cette dernière a pas mal évolué. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. “Au lancement du Télévie, les dons étaient concentrés pour soutenir la recherche contre la leucémie chez l’enfant. À l’époque, un enfant avait une chance sur 20 de s’en sortir. Trente ans plus tard, il a 19 chances sur 20 de s’en sortir. Ce qui a permis de renverser tout ça, c’est la recherche belge qui bénéficie désormais à la planète entière”, explique Philippe Jaumain, coordinateur général du Télévie.

Ces progrès constants sont un moteur. C’est la raison pour laquelle RTL Belgium continue à se mobiliser pour la cause, notamment via la grande soirée de clôture du Télévie qui se déroulera ce samedi et qui sera à suivre sur RTL-TVI. Contrairement à l’année dernière, marquée par le Covid-19, l’événement ne sera pas réalisé en huis clos. Le public pourra y participer mais les places sont limitées. “Pour une soirée comme avant le Covid, il faudra attendre 2022”, lance Philippe Jaumain. “Cette année, il y aura plusieurs contraintes sanitaires telles qu’un public limité et un accès sous présentation du Covid Safe Ticket.

“La poche des Belges a déjà beaucoup été mise à contribution”

Au-delà de la pandémie, qui a entraîné l’annulation de plusieurs événements caritatifs et donc l’absence de chèques supplémentaires, les récentes inondations auront, selon Philippe Jaumain, également un impact sur les dons récoltés cette année. “La poche des Belges a déjà beaucoup été mise à contribution”, explique le coordinateur général qui met également en lumière la période “peu idéale” lors de laquelle la grande soirée de clôture prendra place, pour la deuxième année consécutivement. “Il y a deux ans, à cause de la pandémie, nous avons dû changer nos habitudes en organisant l’événement en septembre plutôt qu’au printemps. On espère le voir un jour revenir à la fin du mois d’avril ou au début du mois de mai comme les années précédentes. Au mois de septembre, on revient juste de vacances, c’est la rentrée. Bref, ce n’est pas le moment idéal pour faire des dépenses.

“On compte sur la générosité du public”

Pour compenser les potentielles pertes liées à ces différents facteurs, RTL Belgium met les bouchées doubles. “Julien Doré, le parrain de cette édition, se donne corps et âme pour attirer l’attention sur le Télévie ; les centres de promesse ont ouvert plus tôt que les années précédentes et de nombreux défis seront organisés à la mesure de l’événement”, déclare Philippe Jaumain avant de conclure que l’opération compte plus que jamais sur la générosité du public.

Tout RTL se mobilise

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Comme le rappelle Philippe Jaumain : “Le Télévie fait partie de l’ADN de RTL.” Tout le monde au sein de RTL Belgium met sa pierre à l’édifice pour récolter des fonds en vue de faire avancer la recherche contre le cancer. “Depuis 32 ans, le Télévie mobilise tous les départements de la maison. Les gens viennent de partout, des services généraux, des ressources humaines ou encore de la comptabilité. À la télévision comme à la radio, il y a énormément de contenus développés autour du Télévie. Les animateurs donnent de leur temps mais également les producteurs ou encore les équipes techniques. Il y a aussi ceux qui s’occupent des réseaux sociaux et de la communication, la régie qui sollicite des clients annonceurs pour trouver des partenaires. En dehors de ça, nous sommes également toujours à la recherche de bénévoles pour tous nos événements et nos centres de promesse”, continue-t-il avant de préciser que tout le monde s’investit bénévolement pour la cause. “Personne n’est payé pour participer au Télévie. Beaucoup font des heures de bénévolat en dehors de leurs heures de bureau. Je pense notamment aux animateurs et journalistes qui montent sur scène pour la pièce du Télévie (qui n’a pas encore été confirmée cette année, NdlR) après avoir appris leur texte par cœur et cela pendant une trentaine de soiréesà travers la Belgique. On est prêt à tout donner pour notre responsabilité sociétale.”

Un élan de solidarité notamment renforcé suite à la douloureuse disparition de Barbara Mertens, ancienne rédactrice en chef de Bel RTL. “Beaucoup de personnes de chez nous ont été touchées par le décès de Barbara qui luttait contre le cancer depuis plusieurs années. Les gens ont encore plus envie de se battre pour faire en sorte que le Télévie soit une réussite.”

Le Télévie fait peau neuve

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Cette 32e édition est également synonyme de modernisation pour le Télévie. “Une marque doit évoluer avec son temps et se mettre en capacité de toucher un public plus large”, explique Philippe Jaumain. Cela passe, tout d’abord, par un logo relifté. “On a choisi un branding qui nous permettait de mieux communiquer sur les réseaux sociaux.

Le slogan “Faisons gagner la vie” a, lui, été remplacé par “Tout donner”. “On s’est rendu compte que ce nouveau slogan correspondait mieux à ce qu’était le cœur du Télévie. Cette opération, c’est bien plus que faire des dons pour aider à lutter contre le cancer. Le Télévie, c’est une communauté qui donne de l’énergie, des sourires ou encore de l’espoir.‘Tout donner’reflète bien cette dynamique. En termes de communication aussi, on se retrouve avec des codes plus courts et modernes qui sont plus facilement appropriables par les people. Ceux-ci relayent plus facilement ce genre de messages à leurs réseaux.

Cette année, exceptionnellement, les deux logos et les deux slogans cohabiteront lors de la grande soirée de clôture puisque beaucoup d’initiatives ont été mises en place avant la sortie du nouveau branding.

Bichon a marquéà jamais le Télévie

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Il n’était qu’un tout petit bonhomme quand les téléspectateurs l’ont découvert. Son chemin a été bien trop court mais son souvenir est intact.

Pour le grand public, et même si elle avait connu d’autres vies avant celle-là, Michelle Etzel restera pour toujours Madame Télévie. C’est à elle qu’en 1989, année de sa création, Jean-Charles De Keyser confie les clefs d’une émission qui a rapporté plus de 200 millions d’euros au profit de la lutte contre le cancer. Deux ans avant de quitter son poste, en 2006, elle confiait à la DH quelques-uns de ses souvenirs les plus marquants. “En 96, c’était la folie au point de vue de l’organisation avec 100 cyclistes, 80 artistes d’orchestre, Gilbert Montagné qui n’arrêtait plus de chanter et forcément ne voyait pas nos signes…”, expliquait-elle. “En 97, le petit Bichon était décédé la veille, c’était impossible à faire. Les animateurs pleuraient presque à l’antenne, Yves Duteil a ouvert avec Prendre un enfant par la main… En 2004, il y a eu une succession de témoignages de malades extraordinaires et courageux. Je pleure encore souvent. On essaie de se durcir, mais on ne s’y fera jamais ; quand un ado qu’on a connu décède deux mois avant le Télévie et que les parents acceptent de venir et de revoir les images de leur enfant vivant, je suis admirative. C’est pour cela que je suis parfois dure avec certains artistes qui viennent en stars et ne connaissent pas ces gens qui sont beaucoup plus remarquables qu’eux.”

Bichon. Le nom du petit garçon est cité et, pour une génération de spectateurs, c’est un déferlement de souvenirs. Car son courage, ce petit bonhomme a eu l’occasion de le montrer, année après année, en se battant comme un diable contre la leucémie qui l’avait touchée de plein fouet alors qu’il n’avait que deux ans. Il était devenu la mascotte du Télévie. Après lui, il n’y en aura plus d’autre. Il s’appelait Bruno Hendrickx et fut le premier enfant à témoigner durant l’émission. Parce qu’à trois ans, il parlait déjà comme un avocat, souriait son papa, vingt ans après sa mort, survenue le 14 mars 1997, à l’âge de onze ans à peine.

Depuis, d’autres mômes, fauchés par le cancer, sont venus raconter leur histoire. Ainsi, Thibault qui, en 2003, avait ému la Belgique entière, et jusqu’à Elio Di Rupo, alors Premier ministre. Lui aussi avait 11 ans quand il a fermé les yeux à jamais sur un monde décidément trop injuste. Devant les caméras de RTL, le jeune homme avait raconté son combat contre la maladie, et notamment les chimiothérapies et ses passages difficiles en chambre d’isolement. “Il faut de l’argent pour que les chercheurs trouvent quelque chose ou qu’une leucémie ne soit plus que comme une grippe. Ceux qui ont le cancer, courage, essayez de rester comme moi à vous battre”, avait-il lancé sur le plateau du Télévie en 2013. “J’aimerais remercier des personnes qui ont vraiment été avec moi. Mon papa, ma maman et ma grand-mère qui ont toujours été là avec moi, même en chambre d’isolement”, avait-il déclaré, sans pouvoir retenir ses larmes. Un an plus tard, Thibault succombait à la maladie. C’est pour lui, pour Bichon et pour tous les autres enfants que les chercheurs se battent encore et toujours. Pour eux aussi que nos dons sont plus importants que jamais…

La lettre de Manon

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Je souhaite aux personnes que j’aime que leur vie soit joyeuse”, écrivait-elle, pleine d’amour, la veille de sa mort.

Elle venait d’avoir 23 ans quand la vie l’a quittée. Après des années de combat contre un cancer du sein, Manon Thiery (20.09.94 – 22.09.2017) s’éteignait non sans avoir écrit une lettre bouleversante. Sur le plateau du Télévie 2018, ses parents, Béatrice et Joël. Et puis Axel, son amoureux. Tous ont été à ses côtés jusqu’au bout et ce sont les larmes au bord des paupières qu’ils écoutent Alix Batard lire les derniers mots de leur fille.

Je m’appelle Manon, j’ai eu 23 ans. En septembre 2015, je sens une boule dans mon sein droit. On m’envoie faire une biopsie qui confirme bien la présence d’un kyste de trois centimètres, mais qui ne donne lieu à aucune inquiétude. Cancer, Mademoiselle, à votre âge, vous n’y pensez pas. Ma vie d’étudiante se poursuit, avec les stages, les cours, le travail de fin d’études”, écrit-elle. Des images la montrant petite fille, puis ado, puis jeune adulte un peu sérieuse, derrière ses lunettes d’étudiante. “Mais voyant cette boule qui ne cesse de grossir, je décide de consulter plus haut, au CHU de Liège. Je fais une biopsie et le 11 juillet 2016, le verdict tombe : cancer du sein, avec une tumeur de 11 centimètres. Le ciel me tombe sur la tête. J’ai commencé mes premières chimios le 12 août. Quand j’ai vu ce Baxter rouge couler dans mes veines, j’ai compris ce que c’était ce produit qui allait me faire perdre mes cheveux. Et j’ai ressenti de la colère et de la haine : pourquoi moi ? À la fin des quatre grosses cures de chimio, je n’en pouvais plus, ni physiquement, ni moralement. J’avais 22 ans dans le corps d’une personne de 80 ans. Ce qui m’a aidée à tenir, c’est que je pouvais m’en sortir, puisque d’autres s’en sortent aussi.” Pendant ce traitement, toutefois, Manon sent que la tumeur grossit à nouveau. Elle poursuit : “On refait des examens : la tumeur avait bien regrossi, sous traitement. J’ai dû refaire deux grosses chimios, mon corps était épuisé. Mon opération, une mastectomie totale du sein droit, a eu lieu le 12 janvier 2017. En mars, j’ai commencé mes séances de radiothérapie. Après, tout cela, on m’a dit que c’était fini, que j’allais simplement être suivie. Mais déjà, vers la fin du traitement, j’ai commencé à avoir mal dans les jambes, un peu comme des crampes.

IRM, scintigraphie, PET scan, d’autres examens encore. “Là, j’ai compris : métastases aux os et au foie. C’est reparti pour un tour, comme si je n’avais pas assez donné ? Est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que je serai plus forte que ce putain de connard de crabe ? J’ai la haine, j’ai la rage, mais, surtout, j’ai peur. Peur de la suite, peur de mourir. Pour la première fois. Début septembre 2017, comme aucun traitement ne fonctionne, on a remis une chimiothérapie, qui ne se fait plus vraiment, qui date d’il y a vingt ans. La chimio de la dernière chance. Elle ne fonctionne pas non plus. C’est comme si j’entrais dans un tunnel, sans lumière et sans issue. Ne voir qu’une seule issue : la fin de ma vie. À partir de ce moment, je décide de préparer ma fin de vie. J’en parle plus ouvertement avec mes parents et mon amoureux, Axel. Je rappelle des amis pour qu’ils viennent me dire bonjour et au revoir, à l’hôpital. Je demande à revoir mon petit chat. J’aimerais qu’après moi, mon argent soit donné à des associations qui œuvrent contre le cancer. Je souhaite que les personnes que j’aime, que leur vie soit légère et joyeuse. Qu’ils pensent à moi sans douleur et sans peine. Je souhaite que tout le monde prenne conscience qu’un cancer du sein n’arrive pas qu’aux femmes de 50 ans. Si dans vos familles, il y a des antécédents de cancer du sein, faites le test de dépistage.”

Le message de Pernaut

© TF1

Si nombre d’anonymes sont venus témoigner sur le plateau du Télévie, lors des différentes éditions, depuis sa création, en 1989, si nombre de stars ont apporté leur soutien à l’émission de solidarité de RTL-TVi, il est une personnalité qui a marqué, en 2019, les téléspectateurs, en parlant, en toute simplicité, de son cancer de la prostate : Jean-Pierre Pernaut. Sur le plateau, ce soir-là, il y avait Nathalie Marquay, son épouse. Souriante, mais manifestement émue. Car elle aussi avait été frappée par la maladie, une leucémie foudroyante, quelques années plus tôt.

Deux mois après son opération, le journaliste avait retrouvé son bureau de présentateur vedette du JT de TF1. “J’en ai parlé si souvent du cancer, avec ma femme […] Mais bien sûr, il y a une inquiétude, parce que c’est une maladie grave. Quand le médecin m’a dit “voilà, vous avez une tumeur”, qu’on a fait la biopsie – déjà on a, un, la trouille – et qu’on vous annonce que ce sont des cellules cancéreuses là, on se dit “J’ai un cancer, qu’est-ce que je fais ?” Je fais une confiance absolue aux médecins…

Parce qu’il est persuadé que plus on en parle, plus on améliore la prévention, Jean-Pierre Pernaut décide de l’annoncer publiquement, à la télévision, en précisant qu’il va devoir s’absenter un petit temps. Il le raconte aux caméras de RTL, en toute sérénité. “Nathalie m’y a encouragé parce qu’elle ne supporte pas que l’on parle de longue maladie ou qu’on cache. Et puis, c’est vrai que quand on est un peu connu, on est la cible de journaux à scandale qui racontent n’importe quoi sur nous.

En juin 2019, le journaliste confiait se sentir bien, aussi bien que possible, six mois après son opération. “L’anesthésie est longue, l’opération est lourde mais la maladie est partie, la bête est à la poubelle. J’ai de la chance et je remercie mon médecin.” Et, à distance, il embrasse Nathalie, évidemment.

“On aide le Télévie depuis 17 ans”

© D.R.

Ils sont nombreux, les petits groupes d’amis, les associations, les comités, à se regrouper une ou plusieurs fois par an pour organiser des événements dont les bénéfices vont au Télévie et à la recherche. C’est le cas de Moteurs en Fête, dans le petit village de Thirimont, entité de Beaumont, dans la Botte du Hainaut. Chaque année, ils récoltent entre 8 000 et 14 000 €, qui sont intégralement reversés au Télévie. Thierry Willems, bientôt 58 ans, mène la danse depuis près de vingt ans : “À la base, quand on a commencé à faire le Télévie, je travaillais dans une entreprise qui soutenait l’initiative. Et puis, j’ai senti que je pouvais faire plus ; donc, avec une bande de copains et mon épouse, on a décidé de le faire de notre côté. C’est comme ça que c’est parti”, explique-t-il. “On a tous quelqu’un de proche qui a eu un cancer et qui en a guéri, ou qui en est mort, ou qui se bat pour vivre avec. Mon papa est décédé d’un cancer l’année passée, il le traînait depuis deux ans : ça motive à continuer, même si ce n’est pas facile.”

Avec une trentaine de bénévoles chaque année et un petit noyau dur d’organisateurs, ils regroupent jusqu’à 1000 personnes autour de plusieurs activités moteurs. “À part pendant la Covid, qui nous a empêchés d’organiser ce qu’on voulait, on fait trois types d’activités: un rallye d’orientation avec des ancêtres où les conducteurs doivent trouver des indices, suivre des balises, tracer des cartes et essayer de se repérer. Il y a aussi la randonnée 4x4 qui est organisée par l’Event 4x4 Offroad Belgium, qui regroupe des passionnés qui viennent de partout en Wallonie, de France, du Luxembourg, de Flandre… Et enfin, il y a un rassemblement auto qui était à la base réservé aux VW-Audi-Porsche mais qu’on a étendu pour ramener plus de monde. Parce qu’on fait ça pour la bonne cause. Notre récompense, c’est que les gens aient passé un bon moment ; et puis, on va porter les chèques des bénéfices au Télévie, avec les bénéfices des événements et des produits Télévie qu’on vend dans la région, dans les pharmacies et les hôpitaux notamment. Cette année, on est aux alentours de 8 000 € récoltés ; malheureusement, on a dû limiter les activités, ne sachant pas quelle serait la situation sanitaire.”

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Pour Thierry Willems, c’est grâce aux bénévoles, aux sponsors et au soutien de l’administration communale de Beaumont que tout cela est possible. “Ça demande un boulot monstre. Sans eux, sans ceux qui nous prêtent des lieux, des salles, qui nous donnent ou nous font des réductions sur du matériel ; sans les bénévoles qui cuisinent, qui préparent, qui rangent… rien ne serait possible. Chapeau ! Et si on peut faire ce qu’on aime et en même temps mettre notre pierre à l’édifice pour éradiquer le cancer ou au moins y trouver des solutions, c’est encore mieux.”

"Barbara Mertens était une battante”
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C’était il y a trois semaines, le 29 août. Sur la pelouse du stade Leburton à Tubize, d’anciennes gloires de l’AFC Tubize ont affronté à une équipe composée d’animateurs sportifs, de présentateurs du JT de RTL et de membres du comité Télévie local. Serge Vermeiren, bien connu des téléspectateurs de RTL avait rameuté du monde et Olivier Schoonejans, parrain du comité de Tubize, était bien sûr de la partie. Christophe Deborsu a, lui, joué les arbitres le temps d’une mi-temps. Tout ce monde était également bien supporté. Dans les tribunes on a pu voir Pascal Vrebos, Philippe Cantamessa, Vincent Maréchal ou encore Thomas de Bergeyck. “On a laissé gagner l’AFC Tubize pour avoir une revanche l’année prochaine”, confie non sans humour Philippe Sempot, le responsable du comité Télévie.

Ce match était placé sous la bannière du Challenge Barbara Mertens dont c’était la première édition. “Barbara Mertens était la marraine de notre comité, explique Philippe Sempot. En 2014-2015, on l’avait invitée à un repas que l’on organisait et nous lui avions demandé si elle voulait endosser le rôle. Elle a accepté tout de suite. Dès que nous avons appris son décès au mois de juin, on s’est dit que nous devions faire quelque chose. Avec sa famille, nous avons décidé d’organiser un challenge à son nom qui sera renouvelé chaque année désormais.” Pourquoi un challenge ? “Parce que Barbara Mertens, par son tempérament, n’aurait pas aimé qu’on lui fasse un hommage. C’était une battante.”

Comme partout ailleurs, avec le Covid, les comités Télévie ont eu bien des difficultés à organiser les activités habituelles destinées à apporter des fonds pour la recherche contre le cancer. Toutes activités confondues, Tubize remettra au Télévie un chèque de 4 221 euros. “Franchement, nous sommes très contents de ce montant. En temps normal, nous avons de 40 à 45 commerces qui vendent les produits pour notre comité Télévie. Cette année, ils n’étaient que 2 ou 3, les autres n’ont pas pu le faire parce qu’ils devaient fermer puis rouvraient sans qu’on sache si l’on pouvait y déposer des produits.”

À Tubize, le comité Télévie est né en 2014. Depuis, il multiplie les activités dans le cadre du Télévie. “Les écoles, tous réseaux confondus, nous aident à vendre les produits Télévie. En retour, nous faisons venir pendant une journée des chercheurs du FNRS qui présentent une expo par laquelle les enfants apprennent ce qu’est le cancer et l’évolution des traitements. Il y a aussi des ateliers pratiques, des expériences qui permettent par exemple, d’apprendre à voir de l’ADN sans microscope.”

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Philippe Sempot se souvient du petit Bichon qu’il avait connu sur un coin de plateau de télévision. “C’était quasiment la fin pour lui. Il m’avait dit ‘Je vais bientôt partir mais il y en a d’autres à sauver derrière moi’. Ce sont des mots qui font prendre conscience que consacrer quelques heures pour sauver des vies, ce n’est pas grand-chose.” Autrement dit, la porte est ouverte pour tout qui veut donner un coup de main en fonction de ses disponibilités.

Anne-Marie Perrin, la dame au grand cœur !

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En région liégeoise, et plus particulièrement dans sa commune d’Ans, où elle est d’ailleurs conseillère au CPAS, on la surnomme la dame de cœur ! Un surnom qui n’est pas surfait tant Anne-Marie Perin se dévoue pour les autres, à travers diverses actions, en particulier en faveur des enfants, des plus démunis et des personnes âgées. L’année prochaine, ce sera la 20e année qu’elle s’investit pour le Télévie !

C’est en se voyant impuissante face à la maladie de sa grand-mère, ce qui l’a profondément marquée, qu’elle a voulu agir. C’est ainsi que, chaque année, elle organise un souper-spectacle en faveur du Télévie et qu’elle vend les produits dérivés (bonbons, pin’s…) lors de cette soirée, dans son entourage et par l’intermédiaire de commerçants de la commune.

Le dernier souper-spectacle qu’elle a organisé, c’était le 7 mars 2020. À cette occasion, elle avait fait venir Patrick Juvet. Pas moins de 400 personnes y avaient participé ! Il faut dire qu’elle leur proposait de passer une agréable soirée, avec buffet et spectacle, pour un prix on ne peut plus démocratique (30 €)…

“Je souhaite que cela ne soit pas trop cher afin que les gens puissent se mobiliser en faveur du combat du Télévie”, confie celle qui, notamment grâce à son bon cœur, a été élue il y a quelques années Super mamie Wallonie !

Cette année, pas de souper-spectacle en raison du Covid-19… Mais pas question pour Anne-Marie Perin de ne pas s’investir pour le Télévie… Elle a donc organisé une grande tombola, en plus de la vente des produits, qui a plutôt bien fonctionné puisqu’elle a rassemblé pas moins de 5 310 € !

“Au total, j’ai déjà récolté plus de 163 000 € pour le Télévie”, glisse-t-elle avec modestie mais heureuse de s’investir comme elle le fait pour de bonnes causes. Elle n’est d’ailleurs pas près de s’arrêter, confiant qu’elle continuera de mener toutes ces actions tant qu’elle le pourra ! Tout simplement admirable !

Ce samedi, c’est avec fierté mais aussi avec le sentiment d’accomplir ce que lui dicte son cœur qu’Anne-Marie remettra au Télévie le chèque de cette année.