Depuis peu, Pairi Daiza a accueilli deux morses. Des mammifères marins rarissimes dans les parcs animaliers et très menacés dans la nature.

Ils font partie des derniers arrivés à Pairi Daiza où ils ont rejoint la Terre du Froid et l’espace qui leur a été spécialement aménagé. Thor et Petruska – Petri pour les intimes – viennent respectivement de Hambourg et de Valence, en Espagne. Ce sont des morses, d’impressionnants mammifères extrêmement rares dans les parcs animaliers et très menacés dans la nature. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que leur séjour du côté de Brugelette se fasse sous l’égide de la conservation de l’espèce et d’un programme de reproduction.

Pour s’occuper d’eux, il y a Céline Mussard. Un petit bout de bonne femme qui a tout sauf froid aux yeux. Adultes, ils font une à deux tonnes ! Ils ingurgitent quotidiennement de 27 à 30 kg de poissons, de coquillages (moules, palourdes, etc.), de calmars et autres crevettes. “C’est super impressionnant”, reconnaît la soigneuse qui est pourtant tombée dans la marmite des mammifères marins dès son plus jeune âge. “J’avais douze ans quand j’ai vu un spectacle (précisons qu’il n’y a pas de spectacles à Pairi Daiza, NdlR) et j’ai adoré les phoques et les otaries parce qu’il y a un contact terrestre. J’ai commencé dans un parc animalier comme soigneuse de toutes sortes d’espèces avant de me spécialiser en 1996.” Vous l’aurez compris, Céline Mussard est une passionnée. Elle pourrait vous parler des heures entières de ses protégés et de leur intelligence. “Par les entraînements”, explique-t-elle, “on peut arriver à créer une complicité qui n’a pas d’équivalent ailleurs, même si vous possédez un chien, etc. C’est comme une drogue. Il n’y a pas, de leur part, un retour affectif. D’ailleurs, moins on les touche, mieux ils se portent. Mais ils finissent par le tolérer avec les entraînements. Avoir leur coopération pour pouvoir effectuer des soins, c’est primordial. Surtout avec les mammifères marins. Parce qu’on ne peut pas les anesthésier puisqu’ils font beaucoup d’apnées. L’entraînement médical, c’est de l’anticipation. Il s’agit de prévenir avant de devoir guérir. La gratitude que l’on reçoit, c’est quand on voit dans leurs yeux qu’il y a une confiance envers nous quand il faut faire ces soins.”

La présence des morses à Pariri Daiza s’accompagne de tout un programme de sensibilisation à leur condition et à leur préservation. “On entend encore beaucoup de gens dire ‘Regarde, c’est un phoque’ou ‘C’est une grosse otarie’. On a encore beaucoup de travail éducatif à faire”, constate Céline Mussard. C’est pourquoi un parcours pédagogique a été installé pour expliquer au public, notamment, combien il est important de préserver l’environnement car la survie des espèces en dépend. “Parce que quand on aime, on protège”, souligne-t-elle. La soigneuse n’est pas près d’oublier l’arrivée de Thor et de Petruska. “C’était fantastique”, dit-elle. “On n’en a pas dormi de la nuit dans les jours précédant leur venue tant il y avait de l’excitation. On a énormément travaillé sur ce projet, avec tout un nouveau complexe qui a été créé. Ça a duré plusieurs années.”

On n’ose pas imaginer l’état dans lequel elle sera le jour où elle réalisera un autre de ses rêves : travailler avec des éléphants de mer, les super lourds de la catégorie. Comptez entre 3 et 4 tonnes par spécimen ! “Sur les plages, lorsqu’ils se dressent pour se battre cou contre cou, pour draguer les filles, c’est très impressionnant”, reconnaît-elle. Pas de quoi cependant lui faire peur, manifestement.

Expédition Pairi Daiza, dimanche à 18h25 sur RTL TVI.