Télévision Il est tombé sous le charme du château Torenhor de Brasschaat pour Miss Peregrine et les enfants particuliers.

En 2015, lorsqu’il décide de tourner Miss Peregrine et les enfants particuliers, Tim Burton crée une énorme surprise. Pas tellement au niveau du sujet, puisque l’adaptation du roman de Ransom Riggs évoque la mort, des créatures fantastiques, des contes bien étranges d’une autre époque et un mystère effrayant à éclaircir par des personnages aussi déroutants que hauts en couleur, soit tout ce qu’adore le réalisateur de Frankenweenie, Les Noces funèbres ou Edward aux mains d’argent. Non, la surprise vient plutôt des lieux de tournage.

L’histoire se déroule au départ en Floride, et c’est donc logique que le cinéaste y installe d’abord ses caméras. Puis, comme il en a l’habitude, c’est en Angleterre, et plus précisément à Blackpool, qu’il crée l’ambiance british qu’il apprécie tant. Fait inhabituel, il pose ensuite sa caméra pendant deux semaines en Belgique, à Brasschaat plus précisément. Pourquoi dans la région d’Anvers ? Le romancier Ransom Riggs avait été subjugué par le charme d’une propriété de la région, la villa Nottebohm, à Brecht. Et il s’en est inspiré pour son récit. Tim Burton ne pouvait passer à côté d’une visite. S’il est lui aussi frappé par le charme de la bâtisse, il remarque aussi son état de délabrement, laissée à l’abandon depuis une trentaine d’années. La magie opère un peu plus loin, à Brasschaat. "Je pensais d’abord tourner en Angleterre, parce que je suis familiarisé avec l’environnement", expliqua-t-il à l’époque. "Pourtant, ce n’est qu’en Belgique que nous avons trouvé le lieu idéal. Je n’avais besoin que d’une seconde pour comprendre que le château de Torenhof était parfait. C’était juste bon. Torenhof est un personnage en soi."

Aucune visite n’est autorisée sur le plateau. Mais pour remercier les habitants, Tim Burton leur organise une projection privée. Le bonheur des uns faisant parfois le malheur des autres, à Brecht, la ville Nottebohm est finalement détruite en 2018. "Nous avons tout tenté pour empêcher la démolition de la villa, mais en vain" a déclaré le bourgmestre Luc Aerts. "Elle faisait quand même partie du patrimoine. Nous avions déjà refusé un permis de démolition mais les propriétaires ont été en appel auprès de la Province. Finalement, ils ont obtenu l’autorisation de démolir la bâtisse, sans doute parce que la famille devait s’acquitter d’une importante taxe sur les bâtiments inoccupés." Pour la cité, l’histoire s’est donc mal terminée.