Sami (Sayyid El Alami), 20 ans, est un étudiant sans histoire. Il vit chez ses parents, dans la banlieue de Marseille. Pour fêter la fin de l’année scolaire, il est invité chez un pote. Las, celui qui devait l’accompagner déclare forfait. Plutôt que de rentrer se coucher, Sami, qui ne sort jamais des clous, décide pourtant d’emprunter le taxi de son père pour se rendre à la petite fiesta. Et là, tout se met à dérailler : une jeune femme, Gloria (Liv del Estal, candidate de la saison 7 de The Voice) grimpe dans la voiture, à un feu rouge. Elle le convainc de l’emmener au bord de la mer puis l’entraîne chez lui, au milieu de la nuit, non sans lui avoir fait ingurgiter drogues et alcool. Quand il se réveille, elle est morte, poignardée dans son lit. Tout l’accable et pourtant, Sami ne cesse de crier son innocence. Une avocate borderline va le prendre sous son aile, malgré les réticences de ses parents…

Un remake très fidèle

Si la lecture du pitch d’Une si longue nuit vous fait penser à quelque chose, c’est normal : la série est le remake d’une autre qui fit un véritable carton lors de sa diffusion sur la BBC (on peut toujours la revoir sur le site d’Arte) : Criminal justice. Véritable copie conforme de l’original, parfois au plan près, Une si longue nuit s’offre toutefois une différence majeure : là où dans Criminal justice, l’avocat était un homme (souffrant d’eczéma aux pieds, ce qui le fait déambuler en tongs pendant cinq épisodes), cette fois, c’est à une femme – Mathilde Seigner – que revient la tâche d’innocenter celui que tout, pourtant, désigne comme coupable. Laquelle est entourée d’une brochette d’acteurs français de haut vol : Jean-Pierre Darroussin, Zinedine Soualem, Gwendoline Hamon, Lannick Gautry et Antoine Dulery.

La caution de l’avocat

C’est à Peter Moffat, un ancien avocat, que l’on doit le scénario original de Criminal justice, aménagé pour l’occasion par Nicolas Clément et Clothilde Jamin, auteurs de Balthazar). S’il y décrivait le système judiciaire britannique, insistant sur ses failles et sur les multiples mauvais choix que va faire le “héros” tout au long de l’affaire, on se rend compte que les mêmes reproches peuvent être faits au système carcéral français. Et même américain puisqu’outre-Atlantique aussi, la série a été adaptée.

Là-bas, elle s’appelait The night of et s’étirait sur huit épisodes, diffusés sur HBO. Dans la version US, c’est également un homme qui plaidait la cause du jeune garçon emprisonné à tort. En l’occurrence, l’excellent John Turturro, souffrant, comme son modèle anglais, de démangeaisons aux pieds !